La disparition des abeilles: un phénomène qui inquiète
Sauvages ou domestiques, les abeilles pollinisent plus de 80% de l’environnement végétal, fécondant ainsi fleurs, fruits, légumes.
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La disparition des abeilles: un phénomène qui inquiète

Menacées d’extinction, les abeilles commencent à mobiliser autour d’elles de fervents défenseurs de la biodiversité. A l’approche de la conférence sur le développement durable qui se tiendra à Rio de Janeiro au Brésil en 2012, le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE) interpelle les États sur la disparition croissante de colonies entières. Un déclin amorcé dans les années 1960 et qui n’a cessé de s’accélérer dans certaines régions du monde.
Par Patricia Blettery -

S’il n’y avait plus d’abeilles sur Terre, que deviendrait l’homme ? Une question qui va bien au-delà de la simple baisse de la production de miel. Le contenu de nos assiettes dépend pourtant bien de la production de notre agriculture, elle-même liée au travail de pollinisation des abeilles. Sauvages ou domestiques, les abeilles pollinisent plus de 80% de l’environnement végétal, fécondant ainsi fleurs, fruits, légumes. Dans un récent rapport du PNUE, plusieurs régions du monde sont pointées du doigt avec des taux de mortalité spectaculaires de colonies d’abeilles (au Japon un taux de mortalité de l’ordre de 25%, en France de 30%, et au Canada de 29%). Le continent africain semble pour le moment relativement épargné même si l'on signale aussi des signes de CCD, « Colony Collapse Disorder » en Égypte, le long du Nil.

L'extinction des abeilles due à des facteurs multiples

Le frelon asiatique, mangeur d’abeilles régulièrement pointé du doigt, ne peut être la seule explication à cette disparition. Les facteurs sont en réalité multiples. C’est en tout cas ce que les apiculteurs français inquiets défendent depuis de nombreuses années, comme Olivier Belval, président de l’Union nationale des apiculteurs français, l'a expliqué à RFI. Dans les causes aggravantes, on trouve l’utilisation des pesticides mais également le type d’agriculture pratiqué comme la monoculture intensive, la disparition des fleurs sauvages de la planète ou encore le développement de la présence de parasites ( le varroa destructor dans l’hémisphère nord par exemple).

Si on devait donner une priorité sur les causes de mortalité des abeilles, la toute première, c'est les pesticides. Mais la disparition des abeilles est également liée à un type d'agriculture, notamment la monoculture.

Olivier Belval, apiculteur, président de l'Union Nationale de l'Apiculture Française (07:01)

Des abeilles urbaines

Ça et là, des initiatives voient le jour pour lutter contre ce lent déclin. Les ruches réapparaissent en ville. Sur le toit de l’Opéra de Paris, dans les jardins du Luxembourg, au pied de la Maison de la Radio, mais également à Londres, à Vienne : un véritable refuge pour les abeilles qui semblent mieux vivre qu'à la campagne. En effet, pas de pesticides, pas de culture intensive de tournesols en zone urbaine. Cela sera-t-il suffisant pour sauver l'espèce ? A Londres, une campagne publicitaire plutôt réussie, intitulée « London’s bees are in trouble » tente de sensibiliser la population aux gestes simples susceptibles de préserver la vie des abeilles. Car s'il existe une bataille à mener pour sauver les abeilles, celle de l'opinion n'est pas la moins importante. Pas d'humanité viable sans abeilles.

Publié le 08/12/2015 - Modifié le 08/12/2015

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