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Des microrobots nageurs mous, intelligents et biocompatibles.
Des microrobots nageurs mous, intelligents et biocompatibles.
EPFL/ETHZ
Utiliser des nano-robots pour réparer les cellules du corps humain n’est plus un concept réservé aux seuls ouvrages de science-fiction. Des chercheurs suisses ont développé des muscles artificiels microscopiques pour doter leurs minuscules machines de biceps à la fois souples et déformants, capables de se saisir des molécules médicamenteuses pour les véhiculer dans tous les recoins du corps humain.

02'07" - Première diffusion le 08/09/2019

Certaines recherches dans le domaine de la robotique, nous font penser aux aventures de Bob l’éponge. Le héros carré et en mousse du dessin animé imaginé par le regretté Stephen Hillenburg, un ex-biologiste devenu dessinateur, ne craint ni les coups ni les chocs et encore moins de se faire écraser.

Ce qui est facilement compréhensible, lorsqu’on possède un physique spongieux et complètement mou. Et bien qu’ils s’en défendent, les roboticiens suisses de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, au sein du laboratoire des systèmes MicroBioRobotiques, ont dû passer des heures devant cette série animée, pour mettre point leur dernière innovation.

Officiellement, les chercheurs affirment plutôt être inspirés par la nature, pour créer de nouvelles micromachines aux propriétés élastiques. Leurs derniers engins microscopiques reproduisent le comportement des bactéries. Les microbes sont capables d’adapter leur morphologie selon l’environnement souvent visqueux et riquiqui qui règne à l’intérieur d’un organisme vivant.

Se déformer c’est bien ! Mais pouvoir se déplacer à l’aide de muscles artificiels de la taille d’une cellule, serait encore mieux, ont imaginé les scientifiques helvétiques. Le corps de leurs nouvelles machines robotiques est doté de minuscules biceps, qui sont constitués principalement de micro-boulettes d’hydrogels s’assemblant entre elles pour former à la fois le squelette flexible et la musculature des robots.

L’intérêt de ces machines molles est qu’elles peuvent stimuler mécaniquement des cellules ou des micro-tissus, une fois injectées dans le corps humain. Sans jamais abîmer évidemment les cellules saines alentour, elles réalisent également des tâches plus complexes de manipulation à l’échelle microscopique, en se contractant fortement et se relâchant en quelques millisecondes, autour d’une zone précise des tissus biologiques, par exemple.

Ces boules de gomme intelligentes réagissent à la lumière et se pilotent à l’aide de rayons lasers de très faibles puissances dans les fréquences de l’infrarouge. « L’hydrogel, matière totalement bio compatible peut s’adapter à pratiquement toutes les formes, ce qui en fait une sorte de pince universelle » concluent les chercheurs suisses.

Des micro-robots qui effectueront différents diagnostics médicaux et achemineront des traitements ciblés tout en douceur, envisagent-ils. Des « nano anges gardiens » en boule de gomme, qui voyageront peut-être bientôt en permanence dans nos petits corps parfois endoloris, afin de les masser délicatement de l’intérieur.

Publié le 08/10/2019 - Modifié le 08/10/2019 - Par Dominique Desaunay

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