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« Bienvenue à Gattaca », ou comment programmer vos futurs bébés

«Bienvenue à Gattaca», ou comment programmer vos futurs bébés
Le laboratoire américain GenePeeks, propose aux futurs parents de découvrir à quoi ressemblera leur descendance.
GettyImage/Klassen Images
La société américaine GenePeeks propose de mélanger artificiellement les génomes de futurs parents, de les tester à l’aide d’une simulation numérique afin de déceler les risques éventuels de maladies génétiques. La méthode permettrait, selon ses détracteurs, de choisir aussi le génotype de ses enfants… avec le danger d’un eugénisme à grande échelle si la pratique se généralise.

02'08" - Première diffusion le 27/04/2014

Bienvenue à Gattaca, ce film américain d'anticipation réalisé par Andrew Niccol en 1997, nous dépeint une société technologiquement avancée terrifiante. Le génotype des enfants est choisi par ses futurs parents en fonction de la qualité des gènes de ses procréateurs. Une civilisation où l’idéologie de l’eugénisme impose à ses citoyens d’être génétiquement parfaits pour accéder à de hautes responsabilités. Hélas ! Ce futur hypothétique et inquiétant s’invite dans notre présent ! Le laboratoire américain GenePeeks, propose aux futurs parents de découvrir à quoi ressemblera leur descendance. Jusqu’à présent, la société travaillait pour les banques de sperme et les cliniques de fertilité, afin que les futures mères trouvent un donneur compatible avec leurs gènes et que l’enfant à naître ne risque pas de développer l’une des 500 maladies génétiques rares, dûment répertoriées.

Le laboratoire a mis au point, une simulation numérique de fécondation dénommé « Matchright technology » un système qui fabrique 10 000 embryons virtuels  (en anglais) en combinant l’ADN des parents. Un programme informatique analyse ensuite toutes les cellules procréées afin de détecter les éventuelles mutations dans les gènes. La société américaine rend accessible ce service à tous les couples qui le demandent. La méthode est fortement critiquée, ses détracteurs relèvent qu’en plus des maladies rares, le laboratoire propose de repérer chez le futur bébé, sa stabilité mentale ou encore de savoir s’il est droitier ou gaucher. Vous pourrez connaître la couleur de ses yeux ou de ses cheveux, la pigmentation de sa peau, sa taille à l’âge adulte et même le volume des seins pour les filles.

Les inventeurs de l’embryon numérique ne semblent pas comprendre quel problème éthique, pose la diffusion généralisée de cette technologie et rien n’indique dans leur argumentaire si les futurs parents qui ne seront pas satisfaits de l’apparence de leur enfant peuvent demander réparation. Et à la question, à qui ressemblera votre futur bébé ? Rétorquons à ces généticiens véreux abusant de la crédulité de parents inquiets que c’est à lui et à lui seul, avec votre bienveillante complicité, d’en décider ! 

Publié le 29/09/2015 - Modifié le 06/09/2018 - Par Dominique Desaunay

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