Argentine : une vache clonée pour donner du lait maternel
La vache Rosita ISA est née par césarienne le 6 juin 2011, à Saint Martin, en Argentine.
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Argentine: une vache clonée pour donner du lait maternel

Des chercheurs argentins ont annoncé avoir cloné une vache qui pourrait donner du lait maternel. À quelques nuances près, une équipe chinoise arrivait à la même conclusion. Le clonage des animaux à des buts médicamenteux franchit un cap supplémentaire. Des procédés qui sont utilisés par des mouvements artistiques pour d'autres revendications.
Par Moussa Diop -

« La vache clonée, baptisée Rosita ISA, est le premier bovin né au monde avec deux gènes humains contenant les protéines dans le lait maternel », selon l’Institut technologie agricole (INTA). Une découverte qui va changer beaucoup de chose chez les nouveaux nés, d’après les responsables de recherches de l’INTA et l’Université argentine de San Martin.

C’est en quelque sorte un pas supplémentaire vers l’utilisation du clonage à des fins médicamenteuses pour l’homme. « Le clonage est jusqu’à présent le seul procédé qui permet de modifier génétiquement et de façon ciblée des animaux d’élevage, par exemple pour fabriquer des protéines thérapeutiques dans les glandes mammaires des vaches », expliquait Eckhard Wolf, spécialiste de la génétique animale à l’université Ludwig Maximilian à Munich.

La découverte de l’équipe de chercheurs argentins vient après l’annonce de chercheurs chinois d’avoir mis au point un procédé similaire, mais en clonant deux vaches portant chacune l’un des deux gènes alors que l’équipe argentine a réussi à implanter les deux dans une même vache.

Le clonage médicamenteux continue depuis la brebis Dolly

Au-delà de la querelle de clocher, depuis Dolly, la première brebis clonée en 1996, le clonage a dépassé le cadre du « gene farming », la fabrication de médicament mais « a atteint des secteurs comme la xénotransplantation, qui consiste à utiliser des tissus animaux pour remplacer des tissus malades de patients humains, comme le cœur ou le foie » d’après toujours le professeur Eckhard Wolf. Et dans ce cadre un animal comme le porc est beaucoup utilisé grâce à ces caractéristiques proches à ceux de l’homme à bien des égards sur le plan physiologique et anatomique.

L'art transgénétique

A côté de ces recherches, il y a ce qu’on pourrait appeler des déviances comme l’utilisation du « génie génétique » afin de créer des êtres vivants uniques. C’est le cas de l’art transgénétique dont l’un des porte-étendards est l’artiste brésilien Edouardo Kac avec la création d’un lapin vert (fluo) dénommé Alba.

La référence à John Steinbeck n’est jamais loin dans ce genre de situation. L’écrivain américain se définissait comme un porc ailé (pigasus) en référence à pégase, le cheval ailé de la mythologie grecque.

Publié le 30/09/2015 - Modifié le 28/09/2018

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