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Un robot «poulpe» chirurgien
Le poulpe a inspiré les roboticiens italiens de l’École supérieure Sainte-Anne de Pise, pour concevoir un robot médical.
Henrik Sorensen/Getty
Des scientifiques italiens ont mis au point un robot « poulpe » qui permettra aux chirurgiens de réduire le nombre d’incisions lors d’une opération. Cette machine imite les capacités de ce mollusque très intelligent et pour son malheur comestible, qui est capable de moduler la rigidité de ses tentacules et la forme de son corps, en fonction de son environnement.

À table ! Tous les gourmets vous le diront un poulpe bien cuisiné, est un véritable régal. Enfin, si on aime avoir dans son assiette un mollusque de la famille des céphalopodes qui est doté d’une intelligence prodigieuse. Le poulpe qui est aussi une pieuvre n’en finit pas de surprendre les scientifiques. Bien que son cerveau soit très différent de celui des vertébrés, l’animal présente diverses capacités cognitives comparables aux mammifères les plus évolués. En labo, la créature entourée de prédateurs parvient à s’échapper d’un labyrinthe en quelques minutes dont elle ignore tout de l’itinéraire. Le même parcours sera réalisé en quelques secondes la fois suivante, prouvant qu’elle est dotée d’une faculté d’apprentissage unique  et d’une excellente mémoire.

C’est un génie, capable de déduction, avec un sens de l’observation hors du commun. Enfermé dans un bocal, le poulpe devisera sans problème le couvercle pour s’échapper ou imitera à la perfection ses ennemis pour mieux les duper. La pieuvre est craintive mais joueuse, elle utilise aussi des outils comme des noix de coco qui lui serviront de maison façon tortue ou encore empruntera les filets des pécheurs pour bouloter gratos des poissons. Cet « alien » sous-marinier avec ses 2 yeux, 3 cœurs, 9 cerveaux et 8 tentacules d’une force et d’une « dextérité » remarquable a inspiré les roboticiens italiens de l’École supérieure Sainte-Anne de Pise, pour concevoir un robot médical.

La machine contrôle le taux de rigidité de ses appendices, comme le feraient les poulpes, pour que les instruments chirurgicaux puissent se faufiler aisément dans les moindres recoins du corps de la personne opérée. « La pieuvre qui n'a pas de squelette adapte automatiquement la forme de son corps à son environnement » expliquent les chercheurs. Les deux bras identiques mais polymorphes du robot chirurgien peuvent ainsi manipuler les organes mous du corps humain sans les endommager, le premier maintient en douceur les chairs, pendant que l’autre les découpe fermement et les rôles s’inversent en cas de besoin. En phase de test, ce système permet de réduire le nombre des instruments nécessaires lors d’une intervention et par conséquent le nombre des incisions. Un dispositif  transitoire avant que les pieuvres, qui n'ont pas leur place dans nos assiettes, ne se décident à embrasser une carrière de chirurgien, ce qui arrivera peut-être un jour, quand les poulpes auront des dents. Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

Publié le 12/02/2016 - Modifié le 12/02/2016 - Par Dominique Desaunay

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