Audio
Un robot chirurgien piraté par internet
Image du robot chirurgien Raven II.
UWBioRobotics/ YouTube
Des chercheurs américains ont voulu éprouver la sécurité informatique des robots qui permettent aux chirurgiens de télé-opérer des patients à distance. Les résultats de cette étude sont inquiétants. Des pirates malveillants seraient capables, en passant par internet, d’ordonner à la machine d’effectuer des actions fatales aux personnes opérées.

02'04" - Première diffusion le 09/05/2015

Les cyberattaques contre les objets connectés au web sont de plus en plus courantes. Faut-il s’inquiéter de ces agressions malmenant nos grille-pains, lave-linges ou autre fantaisie high-tech et communicante ? Assurément non ! Puisqu’il suffit de les débrancher pour mettre fin au problème.
 
Mais prudence, l’internet des objets qui s’invitent à bord des automobiles, offre déjà aux pirates de réelles occasions de sabotage et l’opportunité de nous faire chanter. Le détournement possible et à distance des avions de ligne, ou récemment celui réussi de drones militaires, inquiète maintenant les experts mondiaux en sécurité informatique. Toutes sortes de machines en réseau seraient vulnérables, y compris les « robots chirurgiens » alertent à Seattle dans une étude (en anglais), les chercheurs américains de l’université de Washington.
 
Rappelons que la première intervention de ce type, entre un chirurgien depuis New York utilisant un robot et un patient situé en France, date de 2001. Une technologie de pointe que les ingénieurs du département américain de la Défense ont perfectionné et comptent déployer d’ici à 2025 dans les zones de conflits afin d’opérer en urgence et à distance leurs soldats blessés.
 
Les chercheurs de l’université de Washington ont voulu éprouver la sécurité informatique du robot chirurgien Raven II, qu’ils avaient développé dans leurs laboratoires. Ils ont testé trois types d’attaques en interceptant les instructions par internet du chirurgien afin de perturber les mouvements de l’engin. Les scientifiques sont parvenus ensuite à modifier la distance et le degré de rotation des deux bras robotisés de la machine. Pour finir, les chercheurs ont pris totalement le contrôle du robot en procédant à son arrêt complet. En bonus, ils en ont profité pour pirater le système vidéo du lieu de l’opération, prouvant ainsi que n’importe quel internaute, un peu voyeur, pouvait regarder en temps réel une intervention chirurgicale.
 
Crypter les connexions internet entre le médecin et la machine ralentirait toutes les procédures et compromettrait les chances de survie du télé-opéré, préviennent nos roboticiens franchement désappointés. Ils concluent que sans un système de sécurité approprié, qui reste encore à inventer, la chirurgie robotisée risque de devenir sous peu, le « cyber cauchemar » des blocs opératoires.

Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

Publié le 15/02/2016 - Modifié le 07/09/2017 - Par Dominique Desaunay

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias