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Le virus H5N8 grippe le modèle intensif d'élevage aux Pays-Bas

Le virus H5N8 grippe le modèle intensif d'élevage aux Pays-Bas
Le virus H5N8 affecte l'élevatge de volaille aux Pays-Bas.
Jacky Naegelen/REUTERS
La grippe aviaire H5N8 n'est pas dangereuse pour l'homme, mais son arrivée en Europe bouleverse les élevages de volaille, en particulier aux Pays-Bas.

Première diffusion le 25/11/2014

Le virus H5N8 surgit en Europe, après avoir sévi en Asie. Cette souche de grippe aviaire ne se transmet pas à l'homme, mais elle a déjà grippé le modèle d'élevage intensif des Pays-Bas.

C'est en Allemagne que le virus est d'abord apparu au début du mois de novembre, avant d'être signalé en Angleterre. Mais c'est aux Pays-Bas que les conséquences sont les plus spectaculaires à ce jour : en une seule semaine, 203 000 volailles ont été abattues. Car les Pays-Bas, malgré leur faible superficie - l'équivalent de deux régions françaises - sont devenus le premier pays exportateur de volaille en Europe, et même le premier exportateur mondial d'oeufs.

Le nombre de volailles par ferme a doublé en dix ans. Lorsqu'une épizootie telle que la grippe aviaire se présente dans un élevage, et qu'il faut l'abattre en entier, c'est l'hécatombe. Le virus H5N7 en 2003 avait coûté 300 millions d'euros à l'agriculture néerlandaise. On est déjà à 100 millions d'euros en une semaine avec le H5N8, d'autant qu'il est interdit non seulement d'exporter mais de transporter tout simplement les volailles et les oeufs néerlandais : les couvoirs ne savent plus quoi faire de plus des 7 millions et demi de nouveaux poussins.

A long terme, l'impact économique pourrait être lourd si les embargos, déjà décrétés par l'Ukraine, l'Afrique du Sud et les Emirats arabes unis sur les produits avicoles des trois pays européens touchés se généralisent. Là où le système intensif pourrait en revanche être protecteur aux Pays-Bas comme dans le reste de l'Europe, c'est que grâce au confinement beaucoup plus facile des volailles, elles ont moins de danger d'être contaminées par les oiseaux migrateurs, vraisemblablement à l'origine de la transmission depuis l'Asie.

C'est pour cela que l'Organisation internationale de la santé animale estime que ce sont les pays pauvres de la mer Noire et des rives orientales de l'Atlantique qui risquent le plus de voir leurs élevages plus traditionnels décimés par cette nouvelle épizootie.

Publié le 19/10/2015 - Modifié le 29/10/2015 - Par Claire Fages

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