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Des nanos pour soigner le paludisme
Un Anophèles gambiae, hôte définitif du parasite responsable du paludisme.
James Gathany
Le paludisme est un fléau, qui tue chaque année quelque 600 000 personnes dans le monde. 90% de ces décès surviennent en Afrique. Alors que les techniques de prévention s’améliorent, des chercheurs suisses en « nanomédecine » expérimentent un nouveau type de traitement de la maladie, à l’aide de leurres microscopiques capables de capturer directement dans le sang les parasites responsables du paludisme.

Première diffusion le 20/12/2014

Le paludisme est dû à un parasite unicellulaire, le plasmodium, le vecteur de sa propagation est la femelle d’un moustique de la famille des Anophèles. Le fléau sévit particulièrement dans les régions tropicales et subtropicales, on déplore chaque année plus de 200 millions de nouveaux cas.

Prévenir à défaut de guérir ! L’essentiel de la lutte se concentre sur les moyens de se protéger des piqûres de moustiques, avec des techniques comme la stérilisation des anophèles mâles par irradiation. Mais la recherche avance sur tous les fronts, de nombreux répulsifs sont actuellement créés et les traitements s’améliorent, encore faut-il y avoir accès.

Des chercheurs de l'université de Bâle et de l'Institut tropical et de santé publique en Suisse, viennent de tester une autre approche : s’attaquer directement, dans le sang contaminé, aux parasites responsables du paludisme à l’aide de nanoparticules. Les scientifiques ont mis au point des leurres microscopiques qui imitent la membrane cellulaire des globules rouges, la cible principale des parasites responsables de la malaria, et parviennent ainsi à les capturer.

Le cycle infernal de cette attaque parasitaire qui détruit les cellules sanguines en 48h, pour en contaminer ensuite de nouvelles, est stoppé net. Les parasites capturés ne sont pas détruits pour autant, ils deviennent en revanche très vulnérables aux réponses immunitaires du malade et finissent par être éradiqués. Cette nouvelle stratégie de lutte contre le paludisme ouvre des perspectives pour de nouveaux traitements concernant toutes les maladies parasitaires.

Elle ne doit pas nous faire oublier les méthodes de prévention déjà en notre possession. Rappelons qu’il convient en toutes circonstances de porter des vêtements longs et couvrants, de les imprégner de produits insecticides, d’utiliser des répulsifs cutanés sur les parties découvertes du corps, de dormir sous une moustiquaire, elle aussi imprégnée d’insecticides, dans toutes les régions où sévit le pire fléau que l’humanité n’ait jamais affronté. 3,2 milliards d’individus dans le monde sont susceptibles d’être infectés par le paludisme, indique le dernier rapport annuel de l’Organisation mondiale de la santé. 

Publié le 08/02/2016 - Modifié le 08/02/2016 - Par Dominique Desaunay

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