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Plateforme logistique d'Amazon à Boves, dans la Somme (France).
Plateforme logistique d'Amazon à Boves, dans la Somme (France).
REUTERS/Pascal Rossignol
En France, le deuxième confinement provoque la colère des petits commerçants contraints à fermer boutique alors que les géants de la distribution restent ouverts. Le grand gagnant pourrait être Amazon met en garde Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie.

03'46" - Première diffusion le 02/11/2020

Le conditionnel employé par le ministre de l’Économie est superflu. Au niveau mondial, la plateforme créée par Jeff Bezos est déjà l’une des grandes gagnantes du Covid. Les chiffres des résultats financiers du troisième trimestre publiés la semaine dernière le confirment : le géant du commerce en ligne a triplé son bénéfice par rapport au troisième trimestre 2019 et ses ventes mondiales ont bondi de 37% sur cette période. Depuis le début de l’année les bénéfices de l’entreprise explosent malgré les dépenses estimées à plus de 10 milliards sur l’année 2020 pour protéger ses salariés sur les entrepôts. Amazon a plus de 800 000 employés à travers le monde, dont 10 000 en France. Dans son berceau, les Etats-Unis, Amazon absorbe déjà la moitié du commerce en ligne. 

En France, Amazon réalise 22% des ventes en ligne

À priori Il y a encore de la place pour les concurrents mais le mastodonte creuse l'écart, c'est lui qui a le plus progressé l'an dernier. Son rival français, C Discount, la deuxième plateforme la plus répandue dans l’hexagone ne capte que 8% des ventes et Veepee le numéro 3, 3,4%. La pandémie a dopé le marché du commerce en ligne. En France alors que les ventes s’étaient tassées l’an dernier, elles sont reparties en forte hausse lors du premier confinement, plus 46 % entre avril et juin pour les produits grand public selon la Fédération française de l'e-commerce. Un bond qui a sans doute profité au numéro un Amazon, même s’il a été contraint de fermer ses entrepôts pour non-respect des règles sanitaires. Cela ne l'a pas vraiment empêché de faire des affaires : il a contourné cette interdiction en faisant venir ses marchandises des pays voisins.

Et depuis ce week-end Amazon a aussi accepté de suspendre sa campagne de publicité pour le black Friday

C’est à la demande de la ministre déléguée à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher. Amazon joue la carte de l’apaisement, car il redoute le pire: les centres commerciaux français demandent beaucoup plus, ils souhaitent l'interdiction pure et simple du black friday, ils réfléchissent à d'éventuelles poursuites judiciaires. Le black friday le 27 novembre prochain, c'est un vendredi noir avec des prix imbattables à un mois de Noël pratiqués par de multiples enseignes en ligne. C'est une aubaine pour le consommateur qui en profite pour faire ses cadeaux et c'est le jackpot pour la plateforme. Car les bonnes affaires commencent bien avant, elles sont ponctuées par des ventes flash dans les 15 jours qui précédent. Avec le prime day, le jour annuel de promotion de la plateforme qui a lieu traditionnellement en été, et qui a été reporté cette année à la mi-octobre, les compteurs d'Amazon devraient à nouveau exploser au quatrième trimestre. Ces deux évènements sont les vaches à lait du groupe. Au moment où la bataille fait rage entre les petits commerces et les gros, Amazon s'apprête donc à rafler la mise. Sur le créneau du livre, le premier produit vendu par Amazon à ses débuts, Jeff Bezos a déjà gagné : Il truste la moitié des ventes de livres en ligne du marché français.

En Chine la production industrielle poursuit son rebond à un rythme trépidant.

C'est grâce à la demande intérieure que le rythme s'est accéléré en octobre, d'après l'indice PMI de l'institut privé Markit, qui est remonté à 53,6, du jamais vu depuis environ dix ans. Cet indice donne une idée sur l'évolution des carnets de commande, au-delà de 50 l'activité est en expansion. En revanche les nouvelles commandes à l'export reculent par rapport à septembre.

Publié le 07/12/2020 - Modifié le 07/12/2020 - Par Dominique Baillard

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