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ACES, peau artificielle ultrasensible

Robots et prothèses pourraient bientôt avoir un sens du toucher équivalent ou supérieur à celui de la peau humaine grâce à la peau électronique codée asynchrone (ACES).
Robots et prothèses pourraient bientôt avoir un sens du toucher équivalent ou supérieur à celui de la peau humaine grâce à la peau électronique codée asynchrone (ACES).
© Université nationale de Singapour
Des scientifiques asiatiques ont développé une peau synthétique d’une sensibilité extrême surnommée peau électronique à codage asynchrone (ACES pour Asynchronously Coded Electronic Skin). Capable de détecter précisément les écarts de température, la pression ou la flexion, elle réagirait bien plus vite que la peau humaine, aux moindres stimuli.

02'09" - Première diffusion 04/08/2019

Contrairement à la vue et l’ouïe qui sont relativement faciles à reproduire électroniquement, le goût, l’odorat et surtout la sensation du touché restent assez complexes à imiter pour nos machines robotisées.

Du côté des prothèses équipant les personnes amputées, ce n’est pas mieux ! Les expériences de peaux artificielles ont jusqu’à présent, offert un retour sensoriel de piètre qualité à leurs porteurs, à peine capables de délivrer quelques picotements en lieu et place des sensations tactiles et subtiles que procure naturellement un véritable contact physique.

Une quête de sens qui a fini par titiller les chercheurs de l’Université nationale de Singapour. Ils ont développé un épiderme artificiel représentant cette fois un réel progrès.

Selon les résultats de l’étude qu’ils ont publiée dans la revue Science Robotics, leur peau synthétique serait capable de détecter des écarts minimes de températures, de réagir à l’humidité, de frissonner à la moindre pression ou aux flexions qu’on lui ferait subir. Des réactions épidermiques qui s’effectuaient à la vitesse de l’éclair, 1 000 fois plus rapidement que la peau humaine.

Leur épiderme artificiel est constitué de caoutchouc et de matière plastique composite. Le secret de son extrême sensibilité se manifeste à la surface de cette imitation de peau, à travers un réseau composé de milliers micro-capteurs de seulement un millimètre carré chacun reproduisant les fonctions principales de nos terminaisons nerveuses. Trois types de senseurs équipent pour l’instant le derme électro : un pour identifier des textures de matières qui vont de lisses à rugueuses, un autre pour capter une pression de faible à léger et le dernier réagissant aux températures, de glacées à brûlantes. Tous les capteurs génèrent isolément ou collectivement des impulsions électriques que récupère alors un récepteur central chargé d’interpréter les signaux déclenchés par différents stimuli physiques. Pour tester leur prototype, les chercheurs ont placé cette imitation d’épiderme sur une main robotique qui devait se saisir d’une tasse de café chaud.

Le dispositif a parfaitement enregistré tout l’éventail des sensations tactiles qu’occasionnait la préhension de cet objet. Si l’objectif des scientifiques singapouriens est de doter les robots d’une peau artificielle leur permettant de mieux ressentir leur environnement, ils envisagent aussi d’en équiper les prothèses des personnes amputées. Reste toutefois un problème à régler : trouver le moyen d’interconnecter ces sensations tactiles artificielles au système nerveux humain.

Publié le 08/10/2019 - Modifié le 08/10/2019 - Par Dominique Desaunay

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