Le Maréchal Pétain lisant son message de Noël à la radio (probablement en 1943).
Le Maréchal Pétain lisant son message de Noël à la radio (probablement en 1943).
Keystone-France/Gamma-Keystone via Getty Images
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Radio: reconstruction et reprise en main

Plus difficile à mettre en œuvre par les mouvements de la Résistance, la radio a néanmoins joué un rôle dans la Libération avant d'être placé sous contrôle.
Par Thierry Perret -

La presse écrite a été le média par excellence de la clandestinité, pendant la Seconde Guerre mondiale. Il en a été tout autrement de la radiodiffusion, où les actions de résistance ont essentiellement consisté à préparer, au cœur même de la radio nationale – étroitement surveillée par les Allemands et dominée par les collaborateurs – l’avènement de la victoire. Là aussi les plans étaient prêts, des programmes ont même pu être enregistrés, au nez et à la barbe de l’occupant, dans le cadre du Studio d’art et d’essai, dirigé à Paris par Pierre Schaeffer.

Jean Guignebert, en charge de l’information dans le gouvernement provisoire, est chargé de relancer la radio libérée dès les premiers jours de l’insurrection parisienne. La tâche est ardue et dangereuse, matériellement presque impossible d’autant que les Allemands ont rendu inutilisables les émetteurs.

Premiers reportages sonores sur les combats

Après trois jours de silence, la Radiodiffusion de la Nation française émet le 22 août un simple message d’annonce, diffuse l’hymne national et des programmes musicaux avant de commencer réellement à produire, le 24 : ce sont les premiers reportages sonores sur les combats dans Paris, l’entrée des chars de la division Leclerc, la diffusion des discours des dirigeants de la résistance et du général de Gaulle, le 25 août à l’Hôtel de ville. Travail exaltant, difficile et aussi quelque peu ingrat : car les difficultés de réception de la radio sont immenses dans une ville où l’électricité est devenue rare (les transistors n’existent pas encore), et l’on ne sait guère, à vrai dire, qui écoute…

La situation se consolidera très progressivement, au plan technique, cependant que les programmes retrouvent une allure normale au bout de quelques semaines. Mais surtout l’évolution de la Radiodiffusion française fait l’objet, très rapidement, d’une reprise en main des nouvelles autorités qui n’entendent plus laisser d’autonomie éditoriale aux responsables et aux journalistes.

Finalement Jean Guignebert sera écarté de la tête de la Radio pour laquelle on ressort, intacte, la législation élaborée par le régime de Vichy. L’affaire est entendue : jusqu’aux années 80, l’audiovisuel est un monopole qui reste sous contrôle étroit de l’État, un monopole entamé toutefois par les radios « périphériques », captées en France, et dont l’audience ira s’accroissant.

Publié le 28/10/2015 - Modifié le 28/10/2015

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