Klara Hartmann: prisonnière à 14 ans
Arrêtée à 14 ans, Klara Hartmann passe dans les prisons russes près de 8 ans.
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Klara Hartmann: prisonnière à 14 ans

Klara Hartmann est née en 1930, dans le nord-est de la Hongrie. Elle est arrêtée, en janvier 1945, par l’Armée rouge. Elle est condamnée à dix ans de travaux forcés pour espionnage. Prison de Kiev, camp de Sibérie, région de Vorkouta, steplag de Kazakhstan: libérée en 1953, elle rentre en Hongrie. Interviewée le 8 juin 2009 par Anne-Marie Losonczy.
Par Anne-Marie Losonczy -

C’était très dur, souvent atroce, mais je sens maintenant que beaucoup de choses que j’ai traversé à ce moment là étaient importantes pour ma vie future. Comme une école…mais une école très amère.

Klara Hartmann est née le 30 mai 1930 à Miskolc, dans le nord de la Hongrie, de parents paysans, morts très jeunes dont elle n’a aucun souvenir.

Elle est élevée par un oncle, sous-officier de gendarmerie à Miskolc. Devant l’avancée de l’Armée Rouge dans la région, en janvier 1945, son oncle et sa tante s’enfuient de la ville, en laissant la jeune fille de 14 ans seule dans leur maison. C’est là que, le lendemain, les soldats de l’Armée Rouge la prennent.

Après un long et pénible voyage avec de centaines de Hongrois arrêtés, elle est interrogée et torturée pendant presqu’une année dans la prison de Kiev, puis condamnée pour espionnage au profit des Allemands à dix ans de travaux forcés.
Envoyée dans un camp dans la région de Vorkouta en Sibérie, elle travaille dans la construction, harcelée par les détenues soviétiques de droit commun, emmurée dans sa solitude, sans aucun autre Hongrois dans le camp.

En 1949, elle est transférée dans un camp en construction, destiné uniquement aux détenus politiques au Kazakhstan. Elle y connaît l’entraide et la solidarité dans une brigade majoritairement ukrainienne.

En été 1953, après la mort de Staline, c’est à Kiev, l’une des étapes de la longue route de retour vers la Hongrie, qu’elle fait la connaissance de son premier mari, jeune paysan hongrois, libéré comme elle. C’est dans son village à lui, au nord-est de la Hongrie, qu’elle,  qui n’a plus personne dans son pays,  va recommencer sa vie.

Après son divorce, elle travaille sur divers chantiers de construction, le stigmate du goulag ne lui permettant pas d’entreprendre des études. C’est pourtant grâce à un médecin du travail qu’elle finira par faire des études d’infirmière et travaillera dans une clinique pour déments dans la Transdanubie.

Remariée, elle qui ne peut pas avoir d’enfants élèvera le neveu orphelin de son mari et deviendra grand-mère. « C’est une histoire de solitude. C’était comme une école. Mais une école très amère » dira-t-elle en juin 2009 de ses années dans le goulag.

Publié le 01/02/2016 - Modifié le 01/02/2016

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