L'ancien animateur de radio Albert Cheng lors d'une conférence de presse à Hong Kong, le 17 juillet 2004.
L'ancien animateur de radio Albert Cheng lors d'une conférence de presse à Hong Kong, le 17 juillet 2004.
Laurent Fievet / AFP
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Hong Kong : la liberté d’expression menacée

Hong Kong est sous le choc depuis la démission de trois personnalités reconnues pour leurs idées démocratiques: Albert Cheng, l’animateur de l’émission « Une tasse de thé dans la tempête » diffusée sur « Commercial Radio », Raymond Wong, une autre figure emblématique de cette même radio et Allen Lee, lui aussi journaliste et délégué à l’Assemblée nationale du peuple à Pékin.
Par Any Bourrier -

Ces trois célébrités ont été la cible d’une campagne d’intimidation. Elles ont été d’abord acculées à démissionner, ensuite à quitter le territoire et, enfin, à se taire par crainte des pressions et des menaces. L’association des journalistes de Hong Kong décrit « une atmosphère d’oppression », tandis que des élus proches du mouvement des démocrates parlent de « pression physique et psychologique ». Même les hommes d’affaires, pourtant favorables au gouvernement chinois, commencent à trembler : certains se sont plaints récemment des menaces proférées par « des espions communistes pékinois », qui leur demandaient de ne pas accorder leur soutien aux démocrates.

Depuis quelques semaines, les actes d’intimidations se font de plus en plus nombreux. Un sac d’excréments a été déposé devant la porte du député d’opposition Emily Lau. Des affiches appelant à manifester le 4 juin, jour du quinzième anniversaire du massacre des étudiants place Tian An Men, à Pékin, ont été déchirées et jetées à la poubelle. C’est la première fois que la traditionnelle mobilisation de la jeunesse de Hong Kong pour honorer la mémoire des martyrs pékinois de la démocratie est ainsi malmenée.

Mais qu’est-ce qui se passe à Hong Kong pour que les départs en exil se multiplient, des professionnels compétents renoncent à leur carrière et le moral des habitants soit au plus bas ? En fait, la tension est à son comble en raison de l’attitude de la Chine. Pékin semble ne plus vouloir respecter le principe « un pays, deux systèmes ». Ce principe, inscrit dans la Loi fondamentale, est le garant des libertés fondamentales des Hongkongais. Or, en avril, le pouvoir communiste a opposé une fin de non-recevoir aux demandes de l’opposition d’une évolution plus rapide et concrète vers la démocratie. Il est clair que le pouvoir chinois cherche à affaiblir le camp des démocrates pour les empêcher d’être victorieux lors des élections législatives du 12 septembre. Car si les partisans de Martin Lee l’emportaient, ce serait la paralysie de l’administration de Tung Che hwa. Et le début d’une crise entre Pékin et Hong Kong dont on ne peut pas encore prévoir les conséquences.

Publié le 26/09/2019 - Modifié le 30/09/2019

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