Tag sur un mur de la Sorbonne en 1968.
Tag sur un mur de la Sorbonne en 1968.
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Chronologie

Chronologie d'un mois agité

« Ce qui caractérise actuellement notre vie publique, c'est l'ennui. Les Français s'ennuient. Ils ne participent ni de près ni de loin aux grandes convulsions qui secouent le monde », écrit Pierre Viansson-Ponté le 15 mars 1968 dans « Le Monde ». Les semaines qui suivront vont être tout sauf ennuyeuses.
Par RFI -
Mai 1968 d'un coup d'oeil.
Mai 1968 d'un coup d'oeil. | RFI Savoirs

Vendredi 22 mars

Un groupe d'environ 150 étudiants, emmené par Daniel Cohn-Bendit, 23 ans, occupe le centre administratif de l'université de Nanterre, dans la banlieue parisienne, dans la nuit du 22 au 23 mars. Ce noyau de contestation devient le « Mouvement du 22 mars ».

Lundi 22 avril

Henri Langlois, figure emblématique du patrimoine cinématographique, revient à la Cinémathèque française. C'est la conclusion de plus de 2 mois de protestations et de manifestations de cinéastes, d'acteurs et de stars de cinéma de France et d'ailleurs, brutalement réprimées, contre la décision du Conseil d'administration de nommer un nouveau directeur.

Vendredi 3 mai

La veille, Nanterre était en ébullition. Le doyen décide de fermer l'université.  Daniel Cohn-Bendit et 7 de ses coreligionnaires sont convoqués devant une commission de discipline. À la Sorbonne, les locaux de la fédération des études de Lettres de l'UNEF (Union nationale des étudiants de France), ont été incendiés. On soupçonne le groupe d'extrême droite Occident. Les étudiants de Nanterre ont rallié la Sorbonne. Le doyen autorise l'intervention de la police pour faire évacuer les lieux. Les heurts entre étudiants et policiers sont violents et s'étendent au Quartier latin. Bilan : plus d'une centaine de blessés dont 20 graves. 596 personnes appréhendées, 27 arrestations.

Lundi 6 mai

Les étudiants manifestent dans le Quartier latin, mais au fil de leur marche dans Paris, la foule grossit. Les policiers chargent. Il y a des blessés. On construit des barricades. Bilan : 600 étudiants blessés, 345 policiers blessés. 422 arrestations. Les jours suivants, la contestation gagne la province.

Vendredi 10 mai

Alors que des renforts policiers sont arrivés à Paris pour assurer la sécurité des délégations des négociations États-Unis-Viet Nam, les étudiants manifestent au Quartier latin. Violences. Des barricades sont érigées un peu partout. Les pavés volent. Les CRS lancent l'assaut dans la nuit. Ils sont rejoints par des gardes mobiles, plus durs et plus expérimentés. Bilan : 367 blessés graves dont 251 policiers et 102 étudiants. 468 arrestations. 60 voitures brûlées. Les violences contre les étudiants mobilisent l'opinion.

Lundi 13 mai

Grève générale de 24 h décrétée par les syndicats. Un raz-de-marée envahit les rues de Paris. Les mouvements étudiants ont été rejoints par les enseignants, les syndicats et de nombreuses personnalités politiques. Les villes de province manifestent aussi.

Mercredi 15 mai

 Le théâtre de l'Odéon est occupé par les étudiants. Il devient un lieu de meetings ininterrompus, une permanence révolutionnaire.

Samedi 18 mai

La grève entamée dans le secteur privé s'étend à l'administration. Au Festival de Cannes, 3 membres du jury démissionnent et les cinéastes, Alain Resnais et Carlos Saura retirent leur film de la compétition. Les organisateurs ferment le festival le lendemain. Le général de Gaulle, chef de l'État, écourte son voyage en Roumanie.

Mercredi 22 mai

Plus de huit millions de grévistes en France. Daniel Cohn-Bendit, en tournée « révolutionnaire » en Allemagne, est interdit de séjour. Manifestation dans le calme.

Vendredi 24 mai

Cortèges syndicaux dans Paris. Les étudiants manifestent près de la Gare de Lyon. Dans une allocation télévisée, le général de Gaulle annonce un projet de loi qu'il soumet au référendum. Il met dans la balance ses fonctions présidentielles. La rue s'enflamme et réclame sa démission. Heurts avec la police. Dans le Quartier latin, la fureur se déchaîne. Bilan : 456 blessés. 795 arrestations. Des combats ont lieu également à Strasbourg, Bordeaux, Nantes et Lyon où un commissaire de police trouve la mort, écrasé par un camion.

Samedi 25 mai-lundi 27 mai

Négociations syndicats-patronat au ministère du Travail, rue de Grenelle (Accords de Grenelle). La base désavoue les accords. Manifestation des étudiants, rejoints par des personnalités politiques. La CGT organise son propre défilé à Paris et en province. Daniel Cohn-Bendit rentre clandestinement en France, le lendemain.

Mercredi 29 mai

Le conseil des ministres est annulé. Le général de Gaulle est parti. Le parti communiste français réclame un gouvernement populaire.

Jeudi 30 mai

Le général de Gaulle, de retour de Baden Baden (Allemagne) où il a consulté le général Massu, annonce à la radio qu'il reste au pouvoir et prononce la dissolution de l'Assemblée nationale. Les partisans du général et la « majorité silencieuse » remontent les Champs-Elysées.

Vendredi 31 mai

Le Premier ministre, Georges Pompidou, compose son nouveau gouvernement. C'est le week-end de la Pentecôte. Bilan : 110 morts sur les routes. Le travail reprendra lentement dans les différents secteurs économiques et l'administration, non sans violences. La police évacue la Sorbonne. Des incidents séparés entre policiers, étudiants et ouvriers, se solderont par 3 morts.

 

Publié le 08/12/2015 - Modifié le 15/02/2018

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