Des policiers paramilitaires chinois sur la place Tiananmen à Pékin, le 3 juin 2009. Peter Parks/AFP
Des policiers paramilitaires chinois sur la place Tiananmen à Pékin, le 3 juin 2009.
Peter Parks
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Censures et interpellations pour l’anniversaire de Tiananmen

En ce jour du 20e anniversaire de l'intervention militaire place Tiananmen, le gouvernement chinois fait tout pour étouffer l'événement. Censures, interpellations et contrôles renforcés règnent partout dans le pays.
Par Marc Lebeaupin -

Avec notre correspondant à PékinMarc Lebeaupin

Il fallait s’y attendre. Pékin a mis en place progressivement tout un dispositif policier, mais aussi de contrôle de la presse et d’internet, qui devrait interdire en principe toute forme de protestation en mémoire des étudiants tués dans la nuit du 3 au 4 juin 1989.

La place Tiananmen est devenue très difficile d’accès. Des centaines de policiers, y compris en civils, contrôlent étroitement l’accès à la place. Les visiteurs sont fouillés, les papiers contrôlés, des journalistes ont déjà été refoulés. Certains, qui ont tenté de faire des interviews à Tiananmen, ont été même interpellés. L’association des journalistes étrangers a déjà dénoncé officiellement « les restrictions et harcèlements imposés aux journalistes et contraires à la loi chinoise ».

Depuis quelques heures, les autorités ont également réduit considérablement les accès à internet. Des dizaines de sites parmi les plus connus sont inaccessibles. « Les autorités chinoises ne reculent devant rien pour imposer le silence sur ces événements de Tiananmen », constate l’association Reporters sans frontières.

« Un simple incident politique »

Dans la presse chinoise, l’embargo est total sur ce 20e anniversaire du Printemps de Pékin. Pas la moindre référence, y compris sur les multiples chaînes de la télévision officielle.  

Les seuls commentaires entendus à Pékin sont ceux du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, en réponse à des questions de journalistes étrangers. Il a expliqué qu’il s’agissait d’« un simple incident politique, sur lequel tout a été dit ». Pas question d’adresser des excuses à qui que ce soit, a précisé le porte-parole. Des propos qui ne sont même pas inscrits dans le compte-rendu officiel. 

Enfin, un certain nombre de dissidents ou parents de victimes ont également été contraints au silence ou éloignés de Pékin ces derniers jours. C’est le cas de Bao Tong, un des principaux dirigeants de l’époque et partisans d’une démocratisation du régime.

Hong Kong, une liberté relative

Le statut de l’ancienne colonie britannique autorise encore une relative liberté de parole même si le chef administratif de Hong Kong a tenté dans un premier temps d’empêcher les manifestations.

Le week-end dernier, plusieurs milliers de Hongkongais ont défilé dans les rues en noir et blanc, les deux couleurs du deuil en Chine. Des anciens étudiants de Tiananmen, souvent réfugiés aux États-Unis, ont même réussi à se rendre à Hong Kong. C’est le cas de Xiong Yan, qui s’est enfui de Chine après avoir passé deux ans en prison. D’autres ont été moins heureux, et ont été aussitôt remis dans un avion. Le principal quotidien de Hong Kong évoque cette « chronique des arrivées et des départs ». Il raconte l’émotion de ces dissidents de se retrouver en terre chinoise.

Hong Kong où se déroulera le seul hommage autorisé aux victimes de Tiananmen, dans un parc de la ville.

Publié le 27/05/2019 - Modifié le 31/05/2019

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