L'ancien président et nouveau premier ministre du Sri Lanka, Mahinda Rajapakse (C), reçoit les bénédictions d'un moine bouddhiste après avoir été assermenté à Colombo, le 26 octobre 2018.
L'ancien président et nouveau premier ministre du Sri Lanka, Mahinda Rajapakse (C), reçoit les bénédictions d'un moine bouddhiste après avoir été assermenté à Colombo, le 26 octobre 2018.
Lakruwan Wanniarachchi / AFP
Article

Sri Lanka: le très controversé Rajapakse aux portes du pouvoir

Le Sri Lanka s’enfonce dans la crise politique. Après le limogeage du Premier ministre, une nouvelle étape a été franchie samedi avec la suspension du Parlement. Malgré les risques de débordement, la présidence sri-lankaise s'accroche à sa décision de nommer à la tête du gouvernement l'ancien homme fort du pays Mahinda Rajapakse qui pourrait revenir aux affaires après avoir dirigé le Sri Lanka entre 2005 et 2015.
Par RFI -

Héros ou tyran ? C'est une question de point de vue. Les uns vous diront que c'est le libérateur. L'homme qui a terrassé les Tigres tamouls. En 2009, il lance l'armée sri-lankaise contre cette guérilla séparatiste, l'une des plus violentes du monde. C'est une victoire militaire et triomphe politique pour Mahinda Rajapakse. Il avait promis de rétablir l'ordre après 30 ans d'insurrection. Il devient l'icône d'une classe rurale, bouddhiste et conservatrice.

Oui, mais à quel prix ? 40  000 personnes sont mortes dans les dernières semaines du conflit. Des soldats, mais surtout des civils. À l'époque, l'ONU et les journalistes qui couvrent la guerre rapportent les exécutions sommaires, les familles bombardées, le viol des combattantes tamoules. Faux, répond Rajapakse qui ne sera jamais inquiété.

Mahinda Rajapakse a du charisme. Il est grand et costaud, c'est un beau parleur, ancien avocat, qui devant son peuple met en avant la croissance économique de son pays. L'économie fleurit sous sa mandature. Les infrastructures se développent et quand ça ne va pas, il se tourne vers la Chine qui l'arrose de millions de dollars. 

Rajapakse n'est pas tendre avec les dissidents ? Ses partisans pourchassent les journalistes ? Il a tendance à placer sa famille à des postes-clés ? Jusqu'ici, ça ne lui a jamais fait ombrage. C'est un habitué de la méthode musclée de nouveau aux portes du pouvoir.

(Re) lire : Sri Lanka: nomination surprise d'un nouveau Premier ministre

 

Publié le 22/04/2019 - Modifié le 22/04/2019

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias