21e sommet de l'Asean à Phnom Penh
21e sommet de l'Asean à Phnom Penh en novembre 2012.
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La poussée diplomatique de la Chine vers le Sud

Pour le Laos et le Cambodge, le jour de gloire est arrivé. Ces deux petits pays d'Asie du sud-est attirent l'intérêt de la presse internationale et pour une fois, ce dernier n'est motivé ni par l'évocation des Khmers rouges pour l'un, ni par un nouvel attentat pour l'autre. Ces deux pays d'Indochine sont à la une car ils accueillent un événement diplomatique majeur à l'échelle régionale : la visite du président chinois Jiang Zemin.
Par Hélène Mendes Da Costa -

En d'autres temps, un tel voyage eut été inconcevable, car la région était l'otage de l'antagonisme héréditaire entre la Chine et le Vietnam. Pendant mille ans l'Empire du Milieu a poussé son avantage vers le sud aux dépens du Vietnam transformé en vassal. Et le Vietnam n'a eu de cesse de contrer le mastodonte du Nord. Ce conflit, relayé au vingtième siècle par la confrontation sino-soviétique, s'est encore perpétué jusqu'à une époque récente.

Au Cambodge, au moins jusqu'en 1989, les troupes vietnamiennes soutenaient le gouvernement de Hun Sen installé par leurs soins, tandis que la Chine appuyait les Khmers rouges. Quant au Laos, dirigé par un régime communiste depuis 1975, il était et il reste dans l'orbite vietnamienne.

La fin de la guerre froide et l'effondrement de l'Union soviétique en I991 ont changé la donne. Depuis 1997, la Chine s'attache à resserrer ses liens avec ces pays d'Indochine, elle reprend par des moyens diplomatiques sa poussée vers le sud. Une poussée qui se traduit par une intensification de sa coopération avec la Birmanie, ainsi qu'avec Vientiane, Phnom Penh et Hanoï.

L'intérêt de la Chine pour l'Indochine coïncide avec l'élargissement de l'ASEAN (site en anglais). L'Association des Nations du Sud-est asiatique regroupait naguère les amis des États-Unis. Elle compte désormais dix pays, dont le Vietnam, la Birmanie, le Laos, et le Cambodge admis en I998. Fondée en 1967, en pleine guerre du Vietnam, pour contrer la montée en puissance du communisme, elle devient, sans le dire, un rempart diplomatique contre les ambitions chinoises vers le sud. Dans ces conditions, on comprend que Pékin courtise les maillons les plus faibles, c'est-à-dire les pays les plus pauvres.

Publié le 24/01/2017 - Modifié le 06/02/2017

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