Le lit du Loiret complètement asséché à Arcenis, en août 2020. (Image d'illustration)
Le lit du Loiret complètement asséché à Arcenis, en août 2020. (Image d'illustration)
AFP - SEBASTIEN SALOM-GOMIS
Article

Canicule et réchauffement climatique: les nouvelles projections inquiétantes de Météo-France

Météo-France a produit de nouvelles projections climatiques à l’échelle de la France métropolitaine pour permettre à nos sociétés d’anticiper et de s’adapter. Avec l’Institut Simon Laplace, Météo-France a analysé 30 simulations du climat futur de l’Europe. 
Par RFI -

Les résultats obtenus par Météo-France brossent le panorama climatique sur trois périodes – 2021-2050, 2051-2070 et 2071-2100 – selon trois scénarios des experts onusiens du Giec (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) : des émissions de gaz à effet de serre maîtrisées, modérées ou non réduites.

Dans ces trois scénarios, le réchauffement est contenu au niveau national autour de 1 degré jusqu'en 2040. Les trajectoires divergent ensuite fortement. Si la hausse est stabilisée autour de +1° dans un scénario d'émissions maîtrisées, l'augmentation atteint +2,2° en moyenne dans le scénario intermédiaire et s'envole à +3,9° en moyenne (et +4,5° au pire) dans le scénario de fortes émissions.

Selon ce même scénario, à partir de 2071, la température pourra augmenter en moyenne de 3,9°C et jusqu’à 6°C par endroits, par rapport au climat actuel. Le scénario le plus vertueux laisse présager une augmentation de 2,2°C en moyenne. 

Des chiffres bien supérieurs aux objectifs de l'accord de Paris

En pleine controverse sur le niveau d'ambition du projet de loi issu de la Convention citoyenne pour le climat et alors qu'une décision est attendue cette semaine dans la procédure intentée par plusieurs ONG contre l'État pour inaction climatique, ces projections sont bien supérieures aux objectifs de l'accord de Paris de limiter le réchauffement « nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels », si possible sous 1,5°C.

Selon les experts, le réchauffement depuis l'ère préindustrielle approche déjà 1°. Et la France, qui s'est engagée à réduire de 40% ses émissions d'ici à 2030 par rapport à 1990, a dépassé les budgets carbone qu'elle s'était elle-même fixés.

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Dans ces scénarios, le réchauffement est plus marqué dans les Alpes, les Pyrénées et le sud du pays. Ces hausses de températures se traduiront par des événements extrêmes plus fréquents. Ils seront multipliés par deux dans le scénario optimiste, par trois dans le scénario intermédiaire et par cinq à dix dans le plus pessimiste. 

Les records absolus enregistrés lors de la canicule de l'été 2019 – avec 46°C dans le sud de la France – pourraient alors être souvent dépassés, avec une augmentation des températures estivales moyennes de six degrés.

Le premier résultat, c'est que jusqu'au milieu du siècle, les choses sont déjà jouée du fait de l'inertie de la machine climatique et l'on s'attend à un réchauffement de l'ordre de 2,2 degrès en moyenne sur la France. »

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 Patrick Josse, directeur de la climatologie et des services climatique à Météo-France (01'01")

En raison de l’inertie de la machine climatique, il est trop tard pour changer les 20 prochaines années. En revanche, les décisions et actions actuelles auront de fortes conséquences sur l’avenir climatique du pays.

(Avec AFP)

Publié le 05/02/2021 - Modifié le 05/02/2021

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