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Le sisal, une fibre dure entrée dans le 21e siècle
Des femmes ramassent le sisal séché pour le conditionnement dans une usine de transformation au Kenya, troisième exportateur mondial de cette fibre textile.
© Ivan Lieman / AFP
Les prix d'une fibre textile poursuivent leur ascension : ceux du sisal. La fibre dure n'est plus uniquement utilisée dans les cordages.

01'33" - Première diffusion le 03/06/2016

Parmi les fibres textiles, il en est une qui tire son épingle du jeu : le sisal. Agave cultivé du Brésil à l'Afrique orientale, le sisal voit ses prix s'envoler d'année en année, depuis 2010. Jusqu'à 2 350 dollars la tonne pour les meilleures qualités africaines, en 2015. Un constat étonnant si l'on en reste à l'usage traditionnel du sisal : les cordages de marine et les ficelles.

Mais ce serait oublier tout un tas d'usages qui progressent. Et pas seulement dans les cibles des jeux de fléchettes ! Le sisal a toujours été associé au plâtre comme isolant ; il est aussi et de plus en plus utilisé en renforcement du ciment dans la construction des bâtiments, de l'Arabie saoudite au Nigeria. Le sisal est aussi un revêtement des sols. On redécouvre ses vertus pour renforcer le papier et les cartons. Mais ce sont les nouveaux composites bio-sourcés qui ont redonné au sisal un véritable élan : la fibre dure a fait son apparition dans les coques des sièges de voitures, les panneaux de porte, les tablettes arrière, et même les rétroviseurs, pour remplacer en partie le caoutchouc synthétique et les matières plastiques.

Malheureusement, les producteurs de sisal ne bénéficient pas à plein de l'engouement de l'industrie pour la fibre dure, souligne Amandine Hourt, de FranceAgrimer, spécialiste des fibres dures dans l'annuaire Cyclope : que ce soit au Brésil, le premier producteur et exportateur mondial (plus de 40 000 tonnes), ou en Afrique de l'Est, les récoltes ont été très endommagées par la sécheresse ou les pluies excessives ces dernières années, et c'est aussi ce qui contribue à faire grimper les prix.
 
La Chine est le deuxième producteur de fibre de sisal, elle exporte des produits transformés, la Tanzanie est le deuxième exportateur mondial de sisal brut (23 500 tonnes), suivie par le Kenya, où la culture est organisée en grandes plantations ; le gouvernement kenyan souhaite populariser cette culture auprès des petits agriculteurs. Mais la sécheresse a pour l'instant contrarié cet essor.

 

Publié le 14/09/2016 - Modifié le 10/11/2017 - Par Claire Fages

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