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L'accaparement des terres en Afrique impose des réformes du droit foncier

Des habitants qui se disent victimes d’accaparement au Mali. Leurs maisons ont été détruites.
Des habitants qui se disent victimes d’accaparement au Mali. Leurs maisons ont été détruites.
David Baché / RFI
L'Afrique subsaharienne est une des régions les plus visées par l'accaparement des terres. Les investisseurs profitent de la faiblesse de la gouvernance, et des failles du droit foncier en Afrique.

01'46" - Première diffusion le 25/06/2013

Le site internet s'appelle Land Matrix, ses chiffres et ses cartes sont éloquents. La moitié des projets d'accaparement de terres sont situés en Afrique. Les concessions géantes destinées à produire du riz, du maïs, de l'huile de palme, du sucre, pour exporter des aliments ou des biocarburants hors d'Afrique se multiplient du Mali au Sénégal en passant par le Soudan et la Tanzanie. Le record revient au Mozambique, où le Brésil a exporté son modèle d'agrobusiness... sans paysans.

Car c'est bien le problème : la dépossession des cultivateurs africains. Sans titre foncier sur la terre qu'ils cultivent depuis des siècles, ils doivent purement et simplement déguerpir lorsque les investisseurs chinois, saoudiens voire les Africains des villes paient à l'État ou aux chefs coutumiers le droit d'exploiter des terres jusqu'alors villageoises.

Il y a quatre siècles, la Grande-Bretagne avait traité sa petite paysannerie de la sorte, mais l'industrie anglaise, les colonies et les Amériques avaient absorbé cette ancienne main-d’œuvre rurale. Quelles usines, quel autre eldorado agricole pourraient accueillir les paysans dépossédés d'Afrique ? C'est un problème politique et social majeur et pas seulement pour le continent noir.

Pour l'instant, le flou du droit foncier encourage les gouvernements africains à vendre les terres domaniales aux plus offrants, plutôt que de sécuriser le droit coutumier des petits paysans. Mais au Bénin, la mobilisation des citoyens et des élus a fait barrage au projet présidentiel de privilégier l'accès des gros investisseurs à la terre. Le besoin de garde-fous se fait jour. À Madagascar, on a imaginé un certificat foncier qui permet aux paysans d'avoir un titre de propriété à peu de coûts sur la foi de photos aériennes. Ce modèle intéresse la Côte d'Ivoire. Un titre sécurisé simplifié type devrait être proposé par les parlementaires francophones à tout le reste de l'Afrique dans quelques mois.

« L’accès aux terres agricoles en Afrique subsaharienne, une des clés du développement ». C’était le thème de la conférence organisée par l’IFRI à Paris, rassemblant des juristes, des sociologues, des acteurs du développement et des notaires. Afrique Économie donne la parole à ces intervenants.

En savoirs plus :
- www.landmatrix.org

Publié le 17/11/2017 - Modifié le 21/11/2017 - Par Claire Fages

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