Président George W. Bush à la Maison Blanche en 2001.
Président George W. Bush à la Maison Blanche en 2001.
©Paul Morse
Un forum sur le commerce et le développement économique a rassemblé les ministres de 35 pays d'Afrique sub-saharienne les 4 et 5 octobre 2001 à Washington. « Nous les Américains voulons être plus que des spectateurs des progrès de l'Afrique » a expliqué le président américain.
Par Philippe Bolopion -

De notre correspondant aux États-Unis,

George W. Bush a failli à sa réputation de gaffeur. Il n'a buté sur aucun des noms de pays africains qu'il a dû énumérer hier, au cours d'une cérémonie dans le prestigieux Rose Garden. Escorté du secrétaire d'État Colin Powell, « W » s'est adressé à un parterre de diplomates africains. « La démocratie apparaît dans des pays comme le Ghana et le Nigeria et reste solide dans des pays comme le Sénégal, le Botswana et l'Afrique du Sud, a assuré le président. Les réformes fondées sur la libéralisation des marchés apportent des bénéfices aux populations de pays comme le Mozambique, Madagascar, le Mali et nous Américains entendons être plus que de simples spectateurs devant les progrès de l'Afrique ».

Les 4 et 5 octobre 2001, le président américain invite donc des dirigeants de 35 pays d'Afrique sub-saharienne à un forum sur le commerce et le développement économique qui se tiendra à Washington, sous la direction de Colin Powell. Le secrétaire d'État délivrera d'ailleurs en personne certaines des invitations lors d'une tournée en Afrique la semaine prochaine qui devrait le conduire au Mali, en Afrique du sud, au Kenya et en Ouganda. Le sommet sera consacré aux politiques économiques et au commerce entre les deux continents et rassemblera les ministres des affaires étrangères, des finances et du commerce des 35 pays africains choisis. Il permettra selon George W. Bush de débattre « de moyens supplémentaires pour stimuler le commerce, développer la prospérité et renforcer la démocratie ». Le forum devrait comprendre des groupes de travail sur les petites entreprises, la définition de standards d'exportation, ou encore le sida sur le lieu de travail.

Une initiative de Bill Clinton

Contre toute attente, George W. Bush a assuré un retentissement certain à l'événement. L'initiative en revient toutefois à son prédécesseur Bill Clinton, le premier à prendre l'Afrique en considération et à s'y rendre par deux fois. C'est lui qui a signé l'an dernier la loi dite « African Growth and Opportunity Act » qui prévoyait d'accorder des avantages commerciaux, notamment des exemptions de taxes, aux entreprises des pays d'Afrique sub-saharienne qui respectent certaine règles : économie de marché, pluralisme politique, État de droit, libre commerce, protection des travailleurs, droits de l'homme... Cette loi ouvrait la voie au Forum annoncé fastueusement par Bush.

Au nom des diplomates africains, l'ambassadeur sénégalais Mamadou M. Seck a plaidé pour « davantage d'échanges commerciaux avec les États-Unis », qui ne représentent actuellement que 7% des échanges africains contre 40% pour l'Union européenne. Et de faire valoir : « Les exportations américaines vers le continent africain représentent presque 7 milliards de dollars qui créent dans ce pays 150 000 emplois. Ces exportations représentent plus que les exportations américaines vers l'ex-Union soviétique ». Il a notamment réclamé « un prix équitable » pour les produits africains.

Par son enthousiasme sur la question africaine, George W. Bush a surpris les observateurs qui se souvenaient des propos tenus durant la campagne, tendant à rayer l'Afrique de la carte des intérêts stratégiques américains. Il a depuis multiplié les gestes symboliques, en commençant par nommer Colin Powell, le premier Noir de l'histoire des États-Unis à devenir Secrétaire d'État. Il a également apporté une contribution de 200 millions de dollars à un nouveau fond destiné à combattre le sida dans les pays en développement. Un geste jugé insuffisant par beaucoup de militants, mais qui reste le plus important à ce jour. « De bonnes nouvelles viennent maintenant d'Afrique », a expliqué « W », qui dit vouloir encourager « un avenir plus radieux à travers des politiques qui nourriront et soutiendront la liberté et les réformes démocratiques ». Le président américain est-il acquis à la cause africaine ? Les spécialistes attendent des gestes beaucoup plus concrets pour le dire, notamment en matière de réduction de la dette.

Liste des pays invités à participer au forum sur le commerce et le développement économique : Afrique du Sud, Bénin, Botswana, Cap Vert, Cameroun, République centrafricaine, République du Congo, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Gabon, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Kenya, Lesotho, Madagascar, Malawi, Mali, Mauritanie, Maurice, Mozambique, Namibie, Niger, Nigeria, Rwanda, Sao Tome et Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Swaziland, Tanzanie, Tchad, Ouganda et Zambie.

Publié le 05/10/2016 - Modifié le 05/10/2016

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Bush invite l'Afrique à commercer

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