L'Airbus A380 lors du Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget en 2007.
L'Airbus A380 lors du Salon international de l'aéronautique et de l'espace de Paris-Le Bourget en 2007.
Dmitry A. Mottl / Wikimedia Commons
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Airbus annonce la fin de la production de son géant des airs, l'A380

Il n'a jamais réussi à faire ses preuves sur le plan commercial. Douze ans après son lancement, Airbus a décidé d'arrêter les frais et de stopper la production de son très gros porteur, l'Airbus A380. Une décision qui était attendue.
Par RFI -

Cela fait plusieurs mois que le sort de l'A380 est sur la sellette. Depuis que son principal client, Emirates, a fait comprendre qu'il voulait revoir sa commande à la baisse. Au lieu de 53 appareils, la compagnie du Golfe n'en achètera finalement plus que 14, c'est officiel depuis ce jeudi 14 février 2019. Et aucun gros acheteur n'est prêt à prendre le relais.

L'A380 est une réussite technologique mais il est trop cher, trop gourmand en carburant, et donc plus vraiment adapté aux besoins actuels du marché aérien. Airbus en tire les conséquences, ses chaînes d'assemblage s'arrêteront d'ici deux ans. Les 3 000 employés concernés seront redéployés sur la production d'autres modèles commercialement plus performants.

Pour la CGT, le maillon faible dans cette affaire, c'est la sous-traitance :

L'A380 a été développé avec des partenariats à risques partagés avec un certain nombre de fournisseurs. Et ces risques partagés, c'était justement que les sous-traitants et fournisseurs engagent le financement des moyens de production et donc ils devaient être remboursés avec un certain nombre de rangs d'avions...Là, on voit qu’avec l'arrêt de la chaîne, à 330 avions qui seront livrés, si tout le monde n'annule pas ses commandes, que les sous-traitants et fournisseurs ne vont pas rentrer dans leurs frais. Donc en fait, le modèle de risques partagés atteint vraiment sa limite et il pourrait effectivement y avoir des sociétés sous-traitantes qui auront des difficultés financières. Donc voilà, le maillon faible de cette affaire, c’est le modèle économique où le donneur d’ordres dicte sa loi et en fait supporter les conséquences aux sous-traitants sans trop s’en préoccuper. Nous, au sein de la CGT, on essaye justement d’avoir un contact le plus près possible des travailleurs de la sous-traitance, parce qu’on considère qu’on est dans la même communauté de travail. Il ne suffit pas de s’intéresser bien sûr au sort des travailleurs d’Airbus, c’est important, mais aussi au sort des travailleurs qui travaillent pour Airbus. »

Xavier Petrachi, délégué syndical CGT Airbus
Le 14/02/2019 - par Patricia Lecompte

 

Cet arrêt est en revanche un gros coup porté à la réputation du groupe. L'appareil, conçu pour tuer le Boeing 747, a échoué. Il va rejoindre le cimetière des « éléphants blancs » du constructeur européen où reposent déjà le Concorde ou la Caravelle. 

C'est aussi un gros coup porté à ses finances. Pour pas même 300 avions en service, Airbus aurait dépensé au total 20 milliards d'euros, un vrai désastre économique. Mais tout n'est pas perdu pour les actionnaires, l'arrêt de ce programme devenu un boulet devrait rendre la compagnie plus rentable.

L'A380 a-t-il correspondu aux besoins de la compagnie ?

Il est clair que les compagnies asiatiques ont été au rendez-vous[...] Mais pas en nombre suffisant pour compenser ce qui était espéré au départ auprès des compagnies américaines ou japonaises... »

Yann Cochennec, rédacteur en chef de l’hebdomadaire aéronautique Air et Cosmos
Le 14/02/2019 - par RFI

 

Publié le 29/05/2019 - Modifié le 29/05/2019

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