#Français de l’actualité

Y Aller

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Manuel Valls va-t-il y aller ? Voilà une question qu’on a beaucoup entendu, on se la posait encore hier, lorsqu’on se demandait si Valls serait candidat à l’élection présidentielle. Et cette expression « y aller » correspond à un snobisme qui est tout à fait propre au langage politique français. Au langage politique plus d’ailleurs qu’à la classe politique. Mais il y a un usage journalistique, qui a voulu depuis quelques années que cette expression soit synonyme d’une candidature à la présidentielle. Alors on se demande si tel ou tel aura le cran, le courage d’y aller, c’est-à-dire de se présenter. Et de façon non dite, de façon implicite, on pense que tout cela ça implique « d’y aller », c’est-à-dire de mettre toutes ses forces dans la bataille, de se dépenser sans compter, de se donner, de se jeter à l’eau. Et bien sûr de risquer l’échec, tout en espérant la réussite qui vous va vous propulser à la fonction la plus prestigieuse et la plus puissante : être au sommet de l’État, être président de la République. Alors, l’expression, elle est donnée comme propre au petit milieu du pouvoir et de la politique. Donc si on l’emploie c’est qu’on est au courant, c’est qu’on parle comme ceux qui fréquentent le pouvoir, comme ceux qui font partie du sérail, qui sont habitués à cette familiarité, à ce genre d’argot des classes dirigeantes. Et c’est bien pour cela qu’on peut parler de snobisme, parce que cette expression « y aller », elle est surtout employée dans une presse, et elle s’adresse donc à tout un chacun, à vous comme à moi, à tous ceux qui n’ont aucun rapport direct avec les classes dirigeantes. Mais on nous  berce donc de l’illusion du rêve que nous parlons comme si nous connaissions très bien toux ceux qui sont susceptibles « d’y aller » justement, c’est-à-dire de se présenter aux présidentielles !

Alors, cette formule, elle décline une expression bien fréquente, dont le sens est assez flou, parce qu’on dit  « Allez, j’y vais ! ». Je vais où ? Peu importe, on ne le dit pas ! Et ce « y »qu’on trouve dans j’y vais, eh bien, il avait jadis un sens de lieu, qu’il a un petit peu perdu en fait, il est très imprécis : comme si tout le monde était au courant, et que donc, on n’avait pas besoin de mettre le doigt dessus. Le « y », plus qu’un lieu, il  représente parfois un certain élan, une force qui vous pousse à aller de l’avant. Et on le retrouve dans l’impératif, non pas « j’y vais » mais «  allons-y ». Ou même dans le présent « allez, on y va ! ». Alors cet élan, cette force doivent être relativisés : ils ne sont pas toujours l’effet d’une volonté affichée. Parfois on y va, mais contre son gré, et c’est ce qu’atteste bien l’expression toute familière « ah, quand faut y aller, faut y aller ! », qu’on peut employer à peu près dans n’importe quelles circonstances, à condition que ces circonstances se situent en dehors de notre contrôle. Alors on dit tout ça avec un sourire un petit peu désabusé, pour bien montrer qu’on n’a pas le choix, et que justement, si on avait le choix, on n’irait pas ! Seulement voilà « quand faut y aller, faut y aller ! » 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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