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Unioniste

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On a appris la démission d’Arlene Foster, première Ministre d’Irlande du Nord, désavouée par son parti. Et cette démission est une retombée du Brexit, la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne qui, bien sûr, a des conséquences sur la vie politique de l’Irlande du Nord. C’est donc une défaite pour cette unioniste qu’est Arlene Foster. Mais pourquoi donc la qualifie-t-on d’Unioniste ?

L’examen du mot devrait nous permettre de comprendre. Et pourtant, il n’est pas si simple. Bien entendu, un unioniste est partisan de l’union. Encore faut-il savoir laquelle ! S’agit-il de la réunion des deux Irlande, la province britannique, l’Irlande du Nord, avec Irlande du Sud indépendante, l’Eire ? Ou de la solidification de l’union entre l’Irlande du Nord avec la couronne britannique ? C’est cette deuxième hypothèse qui est la bonne. Et là encore, le vocabulaire politique nous aide à comprendre. On parle bien du Royaume-Uni, pour désigner cet État constitué par quatre réalités distinctes : l’Angleterre, centrale : la plus importante, politiquement, territorialement et économiquement. Mais à cette Angleterre viennent s’adjoindre le Pays de Galles, l’Écosse et enfin l’Irlande du Nord. Ces quatre territoires constituent donc un État – à ne pas confondre avec le Commonwealth, bien plus vaste, qui fonctionne encore comme un genre de fédération impériale et réunit cinquante-trois pays. Les Unionistes militent donc pour la préservation du Royaume-Uni et sont très majoritairement protestants. En effet, un genre de guerre de religion vient doubler ce conflit politique, puisque l’Irlande du Sud est très catholique, et que beaucoup de Catholiques vivent également dans le nord de l’île.

Mais on a parlé d’Unionistes dans d’autres circonstances historiques, notamment dans les jeunes États-Unis. En gros, les Unionistes sont ceux qui s’opposent à la Sécession des États du Sud qui souhaitent se constituer en une fédération indépendante. La polémique sur l’abolition de l’esclavage est évidemment au centre des oppositions, mais elle masque bien souvent des désaccords différents et largement économiques, entre le Nord et le Sud, qui font partie des causes importantes de cette guerre de Sécession, qu’on appelle en général la guerre civile en Amérique. Les États de l’Union sont donc plutôt considérés comme les États du Nord, même s’ils sont rejoints par ceux de l’Ouest (la Californie notamment) et que certains États appartenant plutôt au Sud, comme la Virginie occidentale se sont séparés de ceux qu’on appelle les Confédérés, les Sudistes.

Et le discours sur l’état de l’Union, discours de politique générale annuel prononcé par le président, est bien la marque ce l’importance de cette union, bien que cette tradition soit nettement antérieure à la guerre civile : le premier a lieu en 1790 alors que la guerre civile aura lieu presque un siècle plus tard, de 1861 à 1865.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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