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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Un temple bouddhiste d’une grande importance a été la proie des flammes, à Lhassa, capitale du Tibet. La proie des flammes, vraiment ? En partie seulement semble-t-il. Mais cette expression, la proie des flammes, est fréquente dans les médias : un peu un cliché pour dire qu’un bâtiment ou qu’une forêt brûle. Ce qui nous intéresse davantage, c’est de savoir ce qu’est un temple. Le sens général du mot ne pose pas de problème : il s’agit d’un édifice religieux conçu pour qu’on y honore la ou les divinités, et qu’on y célèbre les offices. Mais est-ce que le mot convient à toutes les religions ? A priori oui, et pourtant, il en est qui échappent à cette règle, car leurs temples ont des noms particuliers, précis que tout le monde connaît et utilise. Et il s’agit des religions monothéistes, chrétienne, musulmane et juive. Pour l’Islam on parle de mosquée, pour le judaïsme de synagogue. Pour les Catholiques, on parle couramment d’église : c’est le mot standard qui désigne toutes ces bâtisses, même s’il est en concurrence avec d’autres, plus ou parfois moins précis : cathédrale, basilique, chapelle, etc. Mais j’ai parlé des Catholiques et non des Chrétiens. Pourtant si l’on se tourne vers les rites orthodoxes, là encore on parler d’église (et même de cathédrale). Mais les Protestants ? Et bien justement, eux parlent de temple. Probablement pour se démarquer des architectures considérées comme trop esthétiques, trop chargées, trop ornées, pleines de magnificence. Pour la plus grande gloire de Dieu… ? Peut-être ! Mais aussi dont l’éclat rejaillit sur ceux qui les ont fait édifier : qui sait où va se nicher l’orgueil humain… L’austérité, ou tout au moins la modestie luthérienne préfère la transparence des vitres aux vitraux diaprés et le dépouillement à la surcharge baroque.

En ce qui concerne les monothéismes, il semble que ce soit les seules exceptions. Sans cela, on utilise de mot de temple pour les autres religions anciennes ou présentes : temples antiques, de Zoroastre aux Grecs et aux Romains. Temples incas, et bien sûr temples pour toutes les religions extrême-orientales que l’on connaît : hindouiste, bouddhiste etc.

Mais il ne faudrait pas oublier que le mot est très employé au figuré pour parler d’un haut lieu, central et symbolique. Don dira par exemple que la Bourse est le temple du capitalisme, que le Bus Palladium a été le temple du rock’n roll, le Tabou celui des soirées d’après-guerre à Saint-Germain-des-Prés ou que la maison Christian Dior à Paris est le temple de la mode. Un usage exagéré par rapport au sens premier du mot, certainement, mais assez fréquent, même si c’est parfois un cliché facile : le salon de Madame Verdurin se voulait un temple du bon goût.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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