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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Certains événements politiques, apparemment modestes, sont plus susceptibles que d’autres d’être commentés avec des clichés typiquement journalistiques. Ainsi les récentes déclarations de Guillaume Peltier font du bruit. Et ce membre du parti Les Républicains a déclaré « partager les mêmes convictions » que le maire dextrême droite de Béziers, Robert Ménard. Étonnement, malaise, un peu de réprobation au sein de ce parti. Mais justement sa ligne politique n’est pas toujours très claire : récemment, un autre membre du parti avait déclaré vouloir s’allier à la formation gouvernementale pour les élections régionales. Avec de tels tiraillements, la formation ne risque-t-elle pas d’exploser ? En tout cas, elle tangue ! C’est l’image qu’on remarque dans le journal de RFI. Elle tangue, c’est-à-dire qu’elle bouge dangereusement, penche d’un côté, de l’autre, et menace peut-être de sombrer.

Car c’est bien à la marine que nous ramène ce verbe. C’est d’abord un bateau qui tangue, s’il y a de la mer comme on dit, si la mer est forte, très agitée. Si, au contraire, la mer est d’huile, comme on dit, le navire avancera paisiblement. Dans le cas contraire, il peut être sujet au tangage et au roulis : deux mots qui indiquent deux mouvements inverses : quand il y a du roulis, l’embarcation se penche d’un côté puis de l’autre, à droite, puis à gauche, à tribord puis à bâbord, comme on dit chez les marins. Quand il y a du tangage, le bateau penche devant en arrière. Et tout cela traduit un manque d’équilibre. D’ailleurs plaisamment, on dit d’une personne qui a trop bu, qui peine à marcher droit, qu’il tangue. Et on dit aussi parfois qu’il a du vent dans les voiles, autre image maritime.

Mais une autre formule assez pittoresque apparait dans le même article. Guillaume Peltier a semblé rétropédaler, c’est-à-dire revenir en arrière, se rétracter au moins partiellement. L’un de ses collègues dit qu’il a mis de l’eau dans son vin. Comme si on voulait faire retomber la polémique, minimiser l’affaire. Et sur RFI, on dit que chez Les Républicains, on veut pousser la poussière sous le tapis. Autre formule qui fait sourire, et qu’on entend parfois sous des formes voisines : on a poussé les moutons sous le lit. Les moutons dont on parle, ce sont les grosses boules de poussière. Si on les pousse sous le lit, c’est pour qu’on ne les voie pas. On ne nettoie pas, on ne fait pas le ménage, on ne répare pas le désordre, mais on cache. Et cette façon de s’exprimer, même si c’est un tic de journaliste, est plutôt amusante, et en tout cas très parlante.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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