#Français de l’actualité

Superstition

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Nous voici donc vendredi 13 ! Bonne journée ou mauvaise journée ? On sait que la seule évocation de cette date peut faire frissonner. Certains pensent qu’elle porte malheur. Et d’autres, au contraire, imaginent qu’elle porte bonheur. Ce qu’on met derrière la formule peut donc s’inverser… Et d’autres encore pensent que tout cela n’est que sornettes, et qu’il ne faut pas accorder d’importance à ces détails : il n’y a que des hasards, et non des destins liés à des signes : « Je ne suis pas superstitieux, ça porte malheur ! », entend-on parfois. Phrase assez charmante et bien sûr contradictoire dans les termes. La superstition est donc le fait de croire que certains aspects de la réalité sont annonciateurs de certaines choses à venir. Comme si ce qui nous entourait était fait d’indices qui portent malheur, d’autres qui portent bonheur : Il ne faut pas passer sous une échelle, croiser un chat noir, poser le pain à l’envers sur la table… En revanche, trouver un fer à cheval porterait bonheur… Être superstitieux, c’est donc croire que l’on peut interpréter certains détails comme s’ils prédisaient ce qui va arriver. Et de quelqu’un qui l’est beaucoup, on dit « il est superstitieux comme un vieux chat ! ». Étonnant glissement : les chats ne sont pas superstitieux, même s’ils sont l’objet de superstitions. 

On voit bien que le mot est savant, et on devine facilement qu’il nous vient du latin : ce qui se tient au-dessus de nous, et donc nous domine. Super, en effet, signifie au-dessus et stare, veut dire se tenir.  

Le mot latin, superstitio s’oppose d’abord à religio, la religion. Comme si la superstition était une pratique religieuse excessive. Et une façon de se concilier les bonnes grâces de la divinité, de se mettre dans les petits papiers de Dieu si l’on veut, par une observation tatillonne des certains préceptes : une manière de surinterpréter les textes ou les dogmes, et peut-être de passer à côté de la foi : remplacer une pensée religieuse par une pensée magique. Et cette idée de pensée magique est bien proche de la superstition, sauf qu’elle inverse le processus : la superstition est subie alors que ce qu’on appelle pensée magique entraine à faire certaines choses parce qu’on pense qu’elles vous seront mystérieusement bénéfiques.  

En tout cas, on peut dire que cette superstition est le contraire de la pensée rationnelle. On est dans le domaine de la croyance. Et ce dernier mot est étrange car il a plusieurs sens : le fait de croire que quelque chose existe. Et là cela nous amène tout naturellement à l’idée de la foi, du fait de croire en Dieu, c’est-à-dire que Dieu existe. Et un autre sens qui est assez éloigné de celui-là : imaginer que certaines choses sont des présages, c’est-à-dire des annonces de l’avenir. 

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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