#Français de l’actualité

Sponsor

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le Rwanda, nouveau sponsor du PSG. Et effet, l’administration de cette équipe vedette a fait savoir que dans les trois ans à venir, l’état rwandais allait la soutenir. Que veut dire la soutenir exactement ? Les modalités sont nombreuses. Mais le Rwanda donnera de l’argent, invitera les joueurs. Et il espère en retirer des bénéfices, non pas directement en argent, mais sous forme d’image. Le Rwanda sera associé aux succès qu’on peut espérer de la part du club. La popularité de l’équipe rejaillira sur le pays qui la soutient ; le tourisme au Rwanda en sera peut-être dynamisé. Et le drapeau rwandais, les emblèmes du pays seront bien visibles dans tous les déplacements des joueurs, pendant les matchs et sur les écrans de télévision qui les retransmettront.

Alors on parle de sponsor, plus que de parrain, alors que les deux mots sont souvent employés l’un pour l’autre. Sponsor a été très courant dans un premier temps, quand il n’y avait pas vraiment d’équivalent. Puis son origine américaine a joué contre lui : les tenants du français s’offusquaient d’un mot qu’on avait emprunté à la culture anglo-saxonne, et on s’est dit que parrain tenait aussi bien cette place. Mais le mot sponsor s’était déjà fait sa place, et le mot est encore très employé ! Est-ce encore un réel anglicisme ?

Dans les années 60 ou même un peu avant, on a commencé à utiliser le mot surtout dans le domaine du sport. Et avec un léger accent, en tout cas une façon de prononcer la syllabe « on » légèrement à l’anglaise. D’autre part, on s’est mis à parler de sponsoring pour désigner cette pratique. On avait donc une déclinaison du mot qui suivait un usage à l’anglaise. Et l’on parle encore de sponsoring aujourd’hui, bien que le mot soit en concurrence avec sponsorisation, relativement peu employé. En revanche le verbe sponsoriser s’entend. Avec le temps donc, même si l’emprunt à l’anglais est indéniable, le mot s’est accommodé à la culture française. Et si la terminaison –or n’est pas très francophone, elle n’est pas non plus essentiellement américaine. C’est le latin qui pointe son nez : en effet l’origine lointaine du terme est latine et c’est un détour qu’il a fait par l’Amérique du Nord pour revenir en Europe.

Le mot a un passé de latin d’église en fait : sponsor désigne le parrain d’un néophyte, celui qui guide dans la religion chrétienne celui qui s’y est tout nouvellement converti. Il s’agit donc au départ d’un soutien spirituel, en même temps que le sponsor est un garant, une caution de celui qu’il introduit dans cet univers. L’idée du parrainage est donc très présente, et va accréditer le choix de parrain comme équivalent bien français.

En plus de sponsor et de parrain, on parle aussi de mécène. Le sens actuel en est très voisin, mais les domaines d’utilisation sont différents. On parle rarement de mécène dans le sport, on en parle beaucoup dans les disciplines artistiques : de grandes entreprises peuvent servir de mécène pour un orchestre, une troupe de théâtre, un lieu de spectacles.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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