#Français de l’actualité

Sine die

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les élections municipales dans les territoires palestiniens sont donc remises sine die.
Ce qui veut simplement dire qu’elles sont reportées sans qu’une date précise ou même une période soit envisagée pour savoir quand elles se tiendront. On imagine donc que ce scrutin aura peut-être lieu au mois de décembre, mais ce n’est qu’une hypothèse.

Quand on reporte un projet ou un événement sine die c’est bien qu’on annule la date initialement prévue mais sans en proposer d’autre. Ce qu’exprime clairement l’expression. Sine die. Enfin « clairement », c’est quand même du latin ! Sine die ça veut dire « sans jour », c’est-à-dire sans autre jour prévu. Bien souvent d’ailleurs lorsqu’on remet une opération ou une rencontre sine die c’est un premier pas vers son abandon pur et simple, ce qui n’est pas le cas pour l’exemple qui nous occupe et ces élections. Mais l’expression a commencé à être employée de manière administrative et assez officielle. Détail étonnant pour une formule latine : elle n’est pas si ancienne que ça. On commence à l’utiliser à la fin du XiXe siècle. C’est donc pratiquement du latin de Troisième République !

Il y a bien sûr d’autres expressions de sens analogue, mais qui le plus souvent sont familières, alors que sine die est en général assez officiel !  Renvoyer ou remettre aux calendes par exemple. Et là l’idée d’une annulation est bien plus présente. L’expression est faite pour faire rire au départ, et même si elle est française, elle a aussi une origine latine. Alors, est-ce qu’on renvoie aux calendes romaines, latines ? Ou bien aux calendes grecques ? C’est dans cette hésitation que tient tout son sens : l’expression complète est « renvoyer aux calendes grecques ». En fait les calendes étaient des dates du calendrier romain. C’était le premier jour du moi. Et chez les Grecs, le calendrier était différent et en tout cas aucun jour ne s’y appelait Calende. Traditionnellement le jour des Calendes chez les Romains était celui on l’on devait s’acquitter de ses dettes. Payer aux calendes grecques signifiait donc ne payer jamais puisque les calendes grecques n’existent pas.

Et dans la tradition chrétienne, on a aussi des façons amusantes d’ajourner quelque chose à une date inconnue, bizarre, ou même qui n’existe pas : à la Saint Glinglin par exemple. Glinglin est évidemment l’un des nombreux saints imaginaires qui existent. Son nom peut faire sourire, et à l’origine il évoque peut-être une cloche imaginaire qu’on fait sonner aux oreilles de son interlocuteur.  Et on emploie souvent l’expression pour reprocher à quelqu’un de ne pas tenir ses engagements : Tu ne m’as toujours pas rendu ce que je t’avais prêté, tu me le rendras à la Saint Glinglin ? Tu ne m’a toujours pas réparé ce que tu m’as cassé : tu le feras à la Saint Glinglin ?

Et des saints fantaisistes qui évoquent la même date hypothétique, on en a même quelques autres : la Saint Ripolin ou même la Saint Jamais.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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