#Français de l’actualité

Signature

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Trois lettres envoyées par le pouvoir britannique sont au centre de l’actualité en ce moment. L’une d’elles demande à l’Union européenne de prolonger le délai au-delà duquel le Brexit entrera en vigueur. Et les deux autres pour que le Premier ministre actuel du Royaume-Uni, Boris Johnson, se démarque de ce geste : une pour préciser qu’il n’est pas d’accord avec cette requête ; la troisième qui précise que le gouvernement obligé par la loi à demander cette prolongation. Une manière de dire qu’il agit contraint et forcé. Et symboliquement, le geste est plus fort encore : la première lettre émanant du chef du gouvernement n’est pas signée. Officiellement, elle pourrait donc ne pas avoir de valeur ! Ce qui montre bien l’immense importance d’une signature dans les sociétés contemporaines. En effet, quand on signe, c’est qu’on s’engage. Et on ne peut revenir en arrière. Et si l’on n’a pas signé, on n’est pas vraiment engagé, on en reste au stade de l’intention, du vœu peut-être, mais c’est tout. La signature est donc un acte ! Et un acte important.

On sait bien ce que c’est, littéralement : c’est le fait d’écrire son nom au bas d’un texte, pour signifier qu’on est d’accord avec ce texte, qu’on l’a écrit, ou alors, même si c’est un texte tout fait, qu’on est d’accord avec ce qu’il exprime, qu’on le fait sien, qu’on y adhère. Cette tradition est tout à fait représentative de notre société d’aujourd’hui : une société de l’écrit ! Au moyen-âge par exemple, ou encore aujourd’hui, mais ailleurs qu’en occident, les choses peuvent être différentes. L’important jadis était la parole. Et la parole donnée, le serment, même s’il ne laissait pas de trace concrète, était un engagement tout aussi important que la signature aujourd’hui : si on avait juré, on ne pouvait se dédire.

Et ce geste est devenu si important et si symbolique que le verbe acquiert certaines significations particulières ! Une œuvre signée par exemple est une œuvre que l’artiste reconnait comme étant sienne : il l’assume d’une certaine façon, il en accepte la paternité. Et une signature peut même une certaine façon d’agir, de se comporter qui permet d’identifier la personne qui agit ainsi. On pouvait dire d’un cambriolage particulièrement audacieux, élégant, désinvolte, qu’il portait la signature d’Arsène Lupin : signé Lupin.

Et à force d’écrire son nom, il devient souvent illisible : on a une certaine façon de former les lettres, qui donne ce qu’on appelle un paraphe.

La signature est donc une représentation officielle de la personne qui a signé, et en même temps, la trace qu’un acte a été conclu. Si par exemple, on veut acheter un bien, il faut signer d’abord une promesse de vente, le plus souvent, pour un bien immobilier, une maison, un terrain, et ensuite un acte de vente. Pour éviter les contrefaçons, les imitations, les fausses signatures, les escroqueries, on demande que des témoins soient présents lors de cette signature : un notaire par exemple, qui certifie que tout a été fait conformément à la loi. Mais ce n’est pas le plus important. Et le verbe signer est d’ailleurs un mot qui précise la réalité de l’acte : « Alors, tu l’as acheté ton appartement ? - Presque : je signe demain ! »

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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