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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Aujourd’hui, comme hier, on commémore la Shoah en Europe comme ailleurs, à l’occasion de la libération du camp d’Auschwitz  par les troupes soviétiques.

Et en français, on parle communément de Shoah depuis quelques années, et on écrit ce mot en général S-H-O-A-H ou parfois S-H-O-A simplement. Et on intègre ce mot – qu’on a emprunté à la langue hébreu – au vocabulaire français. 

C’est un terme qui signifie simplement anéantissement en hébreu et qui n’a pas de caractère particulièrement religieux. Mais quand on parle de la Shoah, on renvoie à un fait historique particulier : la tentative de supprimer la totalité des Juifs. Avec bien sûr tous les processus mis en œuvre pour faire aboutir ce projet, depuis les politiques excluantes, jusqu’aux interdictions d’exercer tel ou tel métier, aux signes distinctifs comme l’étoile jaune, aux fichages, aux ghettos, aux rafles, aux déportations et aux assassinats de masse dans les camps.

Et c’est en effet ces assassinats qui recouvrent ce qu’on appelle la Shoah.

Alors bien sûr, les jJifs n’ont pas été les seuls à être persécutés pendant la Deuxième Guerre mondiale par les nazis. Les Tziganes en particulier l’ont été, en tant que peuple. Et d’autres groupes de gens en raison de leur mode de vie ou de leurs opinions, ou de leur opposition au régime nazi : les homosexuels, les communistes, etc.

Seulement, le mot Shoah, il s’applique spécialement au génocide des Juifs. Et si on l’entend communément depuis quelques années ce terme, il est encore relativement récent, en français. Auparavant, qu’est-ce qu’on disait ? On a parlé assez souvent d’Holocauste. Mais le mot a été abandonné à cause des échos qu’il pouvait avoir.
En effet il évoque le plus souvent un acte religieux : un sacrifice. Cela jetait donc une lumière particulière sur le génocide. Comme s’il était ritualisé, comme s’il appartenait à un geste particulier, à un sacrifice. Et on se sacrifie, on donne sa vie pour quelque chose, ou pour quelqu’un. Cela revenait donc un peu à donner un sens particulier au génocide, à en faire l’instrument d’une intention particulière.

C’est donc pour cette bonne raison qu’on évite le plus souvent aujourd’hui d’utiliser ce mot. Mais s’il a été en usage – pour désigner justement l’extermination des Juifs – c’est pour une autre raison. Les holocaustes, jadis étaient des sacrifices dont la victime était entièrement brulée. Ce qui renvoie à la tragique réalité des fours crématoires où étaient consumés les cadavres retirés des chambres à gaz.

Mais ce mot même d’Holocauste n’a pas toujours été en usage en français. Et auparavant, on a surtout parlé, simplement, d’extermination. En effet le projet nazi était celui d’exterminer tous les Juifs. On a donc parlé de camps d’extermination, on y concentrait, on y entassait des prisonniers – il y avait des camps de concentration. Mais il y avait aussi des camps d’extermination ; et la plupart du temps ceux qui y arrivaient n’y restaient pas longtemps.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

 

 

 

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