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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

À propos des élections de mi-mandat aux États-Unis, on a beaucoup parlé des institutions américaines. Et en particulier de la représentation du peuple américain, avec deux assemblées comme c’est le cas bien souvent : le Sénat et la chambre des Représentants. Et si l’on parle très couramment des sénateurs, on n’emploie pas le mot député pour les membres de l’autre chambre, apparemment moins prestigieuse, et qui fait moins parler d’elle. Mais ce mot, très lié au vocabulaire politique est tout à fait ancien. En fait, le Sénat est un vieux mot qui a désigné bien autre chose que les assemblées actuelles. En France, par exemple : sous le Premier Empire, à l’époque de Napoléon Ier, on a déjà une assemblée qu’on appelle Sénat Conservateur puis Sénat Impérial. Ensuite sous le Second Empire, on a un sénat tout court, et on en aura un aussi sous la Troisième République, de 1875 à 1940. La Quatrième République ne retient pas cette appellation, et lui préfère Conseil de la République, mais la Vème renoue avec cette tradition, bien ancienne, puisque le mot et l’assemblée qu’il représente nous font remonter aux institutions romaines. Le Senatus était en effet un genre de Conseil des Anciens, ce qui nous donne un indice sur l’origine de ce nom. En effet, il est de la même famille que senex, qui signifie vieux. Un terme à la descendance nombreuse : parmi les mots qui lui sont apparentés en français moderne, on trouve à la fois seigneur, sénile et sénat. Et de près ou de loin, les trois mots évoquent un certain âge. On sait bien que la maturité est censée apporter la sagesse, et de façon plus technique, on devait avoir passé un certain âge pour pouvoir prétendre à la dignité de sénateur. Cette exigence a d’ailleurs duré : en France, jusqu’en 2004, c’est à dire il y a fort peu de temps, l’âge minimum requis pour se présenter aux élections sénatoriales était de 35 ans. Puis il a été ramené à 30 ans, et il est actuellement de 24. Mais la réputation du sénateur lui colle à la peau : il va son train de sénateur… c’est-à-dire qu’il ne va pas vite, mais alors pas vite du tout : on l’imagine un peu pesant, portant un certain embonpoint ; mais l’image du sénateur enveloppé va de pair avec celle du sénateur grave, qui pèse ses décisions avant de les prendre, qui ne se laisse pas bousculer. Ce n’est pas pour rien qu’on parlait d’un Sénat conservateur : le sénateur conserve au moins sa lente dignité. Et s’il va son train de sénateur, c’est-à-dire s’il se déplace lentement, c’est que la phrase a été popularisée par La Fontaine, même s’il ne l’a pas inventée. On est là dans la fable du lièvre et la tortue, et l’animal rapide, ou qui se croit tel laisse la tortue aller son train de sénateur !

Avertissement !

Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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