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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La France salue la main tendue par le président Ouattara à Henri Konan Bédié nous apprennent les informations aujourd’hui. Ce n’est pas tant l’expression « main tendue » sur laquelle j’ai envie de m’arrêter – on comprend bien ce qu’elle veut dire : elle évoque une idée de réconciliation, ou en tout cas de rapprochement. Mais pourquoi Paris salue donc cette main tendue ? Ce verbe saluer est étonnant. Et pour comprendre son usage dans cet emploi, on n’a qu’à écouter la suite des informations telles qu’elles sont présentées sur Rfi : Paris voit d’un bon œil cette offre de dialogue ; le ministre français des Affaires étrangères a estimé que cela allait dans le bon sens. L’entourage du président français se félicite qu’Alasanne Ouattara ait proposé cette rencontre avec Henri Konan Bédié. Et c’est un peu tout cela qui est inclus dans ce verbe saluer : on voit d’un bon œil et on le dit. On se félicite... C’est moins fort que de dire qu’Emmanuel Macron félicite Alassane Ouattara. Mais si le président français se félicite, cela signifie qu’il et content et qu’il veut que ça se sache…

Le verbe saluer a deux sens principaux : il sert à dire bonjour ou au revoir, à exprimer cette formule de politesse qu’on délivre quand on rencontre ou qu’on quitte quelqu’un : un code de civilité, une manifestation de politesse. « Après son cours, j’ai été le saluer ! », je suis allé saluer ce professeur, le rencontrer, lui montrer que j’étais présent, me faire reconnaître de lui. I y a là quelque chose d’amical. En même temps l’usage de ce mot implique souvent l’idée d’un hommage rendu : on montre son respect ou son admiration. Et souvent ce comportement prend la forme d’un mouvement : on incline la tête ou on se découvre, on ôte son chapeau. Mais saluer implique aussi souvent une idée d’obéissance : par exemple dans son usage militaire, traditionnel et ancien : on est tenu dans l’armée, de saluer les supérieurs si on les croise : un geste, une attitude très réglementée, agrémentée éventuellement du garde à vous – une image qui réitère, chaque fois que deux militaires se croisent, la hiérarchie de l’armée, donc qui réétablit en permanence le lien entre celui qui commande et celui qui obéit.

Et salut est aussi une exclamation très courante, légèrement familière, pour se dire bonjour ou se quitter, mais là, entre égaux. Un mot qui dans les années 70 appartenait à la langue des jeunes de l’époque, et qui maintenant s’est assez largement répandu, depuis que ces anciens jeunes sont devenus des nouveaux vieux.

On comprend bien qu’au départ, le mot porte l’expression d’un souhait : porte-toi bien. Le salut est-il donc la santé ? Pas exactement, mais on n’en est pas loin : le salut est au départ la vie, ou en tout cas le fait d’échapper à la mort, et par extension à un danger : il n’a dû son salut qu’à la fuite… c’est-à-dire il s’est sauvé en s’enfuyant. Et bien entendu le mot a un sens religieux et spirituel : le salut de l’âme est le contraire de la damnation : le fait que l’âme ne meurt pas avec le corps.

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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