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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Umberto Eco est mort. Et avec lui un écrivain extrêmement connu en Occident. Un écrivain, un érudit également ; quelqu’un qui savait énormément de choses, quelqu’un qui lisait beaucoup, qui s’intéressait un petit peu à tout. Un intellectuel, sémiologue, c’est-à-dire quelqu’un qui analysait comment on donne du sens à ce qui nous entoure, à ce qui se passe, comment on l’interprète, comment on peut le raconter.
Ce sémiologue était connu dans les milieux universitaires mais pas tellement au-delà jusqu’à ce qu’il écrive un roman paru en italien – qui était sa langue maternelle – en 1980, traduit en français en 1982. Ça s’appelle Le nom de la rose et ça a un succès extraordinaire.

Alors, pourquoi Le nom de la rose comme titre à son roman médiéval ?
Ça se passe au Moyen-Âge.  Est-ce qu’il faut donner un sens particulier au titre ? Eh bien non ! Justement disait l’auteur, bien au contraire. La rose a tellement de significations symboliques qu’on peut lui faire dire à peu près ce qu’on veut. Alors attention, il ne faut pas exagérer. La rose, ce n’est pas très masculin. C’est une image qui plait aux hommes, mais une image très féminine. C’est la féminité-même. La pureté ? Oui parfois. Et pourtant, elle a une odeur tellement capiteuse que c’est une odeur extrêmement enivrante donc qui n’est pas si pure que ça.
D’ailleurs, le langage des fleurs bien connu donne aux roses des significations différentes selon la couleur. Par exemple, la rose rouge, c’est la passion ; la rose blanche, c’est l’amitié et l’amour chaste dit-on ; la rose jaune, parfois le dépit amoureux, la jalousie ou le désir de se faire pardonner quelque entorse ; et puis la rose rose, c’est la douceur, la tendresse, etc.
Alors on voit bien que ce fameux langage des fleurs n’est pas un vrai langage, c’est un code assez simple. Mais il est vrai que la rose peut évoquer des idées différentes, contradictoires. Les expressions qui l’utilisent sont nombreuses.

La rose évoque souvent la jeunesse, la beauté, la fraicheur même si tout cela est tout à fait éphémère, mais en même temps, bien que beaucoup d’images liées à la rose soient positives, on l’utilise très souvent dans des expressions au rebours de ses premières ses premières évocations. Par exemple, on sait que la rose sent bon. Eh bien on dira « ça ne sent pas la rose ! » pour dire « ça sent mauvais ». Et quand on parle par exemple de romans à l’eau de rose, cela évoque des romans un peu mièvres, un peu mignards ; ça sert à qualifier des histoires avec des personnages stéréotypés, des intrigues prévisibles. Les romans à l’eau de rose caressent les lecteurs et les lectrices dans le sens du poil, c’est un succès facile.

Et puis un bâton ayant toujours deux bouts,  le deuxième est souvent moins flatteur que le premier et on dit : « Il n’y a pas de roses sans épines », phrase proverbiale qu’on prononce pour dire qu’une bonne chose, une bonne situation cache bien souvent un mauvais côté, un pendant négatif qui vient contredire le premier. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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