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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Cette période d’avant élection en France a déjà été riche en rebondissements, et il s’agit maintenant de savoir quels sont les soutiens officiels dont bénéficient les candidats. Et on assiste presque tous les jours à de nouvelles désertions, ou à de nouveaux ralliements. Désertion, le mot se comprend tout seul. Il s’agit de ceux, ou celles qui abandonnent le candidat qu’ils avaient tout d’abord choisi d’appuyer, ou que leur positionnement politique conduisait naturellement à soutenir. Et puis, pour des raisons de convictions, ou parfois de tactiques, de stratégies électorales, on préfère donner sa préférence à quelqu’un d’autre. Et à ce moment, on dit qu’on se rallie à cet autre candidat. Le mot est assez transparent : on entend tout de suite qu’on est dans la famille de l’alliance. Mais le mot est pourtant différent : on se rallie, par exemple à Emmanuel Macron, puisque c’est plutôt lui qui bénéficie de la plupart de ces virages.  

On se rallie donc toujours dans un deuxième temps ; on dit oui après avoir dit non, ou n’avoir rien dit ; on accepte de se rallier, on rejoint un groupe ou un parti : l’affaire n’était pas jouée au départ. Parfois, mais certainement pas toujours, se rallier implique une trahison par rapport à ses opinions précédentes. Dans les années 1890 un certain nombre de monarchistes catholiques se sont ralliés à la jeune IIIe République. Le mouvement lui-même s’est appelé le Ralliement ! On se souvient aussi que Napoléon, lorsqu’il avait quitté l’île d’Elbe après son premier exil, avait débarqué à Golfe Juan et était remonté vers Paris, rencontrant sur son passage des troupes qui devaient l’arrêter. Mais chaque fois, le charisme de Napoléon était si fort que les soldats rencontrés se ralliaient aux siens et que ses troupes augmentaient.

On a donc souvent l’idée que ceux qui se rallient se fondent à un groupe déjà existant, s’agrègent à un ensemble qui au départ est plus important qu’eux : une minorité qui va accroître une majorité. Et ces ralliements sont parfois dictés par une vraie conviction, et parfois par un réflexe opportuniste.

Le verbe rallier au départ signifie regrouper des personnes dispersées, les réunir. Et le verbe a pu avoir une signification tout à fait concrète. On se souvient du mot célèbre d’Henri IV qui, juste avant la bataille d’Ivry, en 1590, disait à ses soldats : « Ralliez-vous à mon panache blanc ! » Une phrase très probablement apocryphe : a-t-il vraiment prononcé ces mots, probablement pas, cela a dû être inventé plus tard, par d’autres, mais elle exprime bien cette image de rassemblement

À côté de ceux qui viennent se rallier, on a ceux qui viennent se ranger aux côtés d’un autre camp. Le mot est plus sage et plus paisible. Il donne l’impression d’une décision prise après une réflexion, et non par peur ou intérêt.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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