#Français de l’actualité

Prolongations

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

On le sait la finale de foot s’est continuée hier soir au-delà du temps réglementaire. Au bout des deux mi-temps, aucun but n’avait encore été marqué. Et dans ce cas-là, on continue. Et on peut continuer deux fois quinze minutes. C’est possible : c’est ce qu’on appelle les prolongations.

L’expression d’ailleurs, et la façon d’en parler, elle est toute trouvée : on joue les prolongations. Une formule qui a eu beaucoup de succès puisqu’on l’emploie en sport – on l’a encore vu hier – mais on l’emploie aussi au figuré dans des circonstances assez différentes, notamment en politique.
Par exemple, on l’a entendu pas mal après la décision du Brexit. Un certain nombre de responsables politiques ont souhaité que la situation soit clarifiée rapidement, au plus vite, et que le Royaume-Uni se retire tout de suite de l’Union européenne : « On ne va pas jouer les prolongations… » C’est l’expression qu’on a entendu plus d’une fois.

Et c’est le genre de phrase qu’on peut entendre également dans des circonstances très différentes, beaucoup plus privées. Dans le cadre d’une relation amoureuse, par exemple, elle est censée être terminée, on s’est séparé, parfois on a même divorcé. Et puis l’un des deux s’accroche à l’autre ou à la relation, pour en avoir encore un peu, ou en espérant restaurer quelque chose. Et au sens figuré, on peut dire « il ou elle joue les prolongations. » Et quand on dit ça, ce n’est pas très gentil, l’expression est presque toujours négative. Comme si on considérait d’abord que cette prolongation était inutile, mais même qu’elle avait quelque chose d’un peu indigne : comme un manque de courage ou de réalisme.

Alors, on le voit, la prolongation a presque toujours un sens temporel : la prolongation d’un match ou d’une fonction. Et parfois, il y a une référence à l’espace : « la prolongation de ce mur serait utile mais très coûteuse ».

Et il ne faut pas oublier que ce verbe prolonger à un autre déverbal, c'est-à-dire un autre nom, un autre substantif qui correspond à son sens : on a prolongation et on a aussi prolongement. Prolongement, c’est vrai peut avoir un petit peu le même sens que prolongation, même si ce n’est pas le mot technique qu’on utilise en sport. Mais on parle du prolongement d’un mandat électif.

Mais les prolongements sont souvent beaucoup plus abstraits. Et alors le mot évoque des suites, des conséquences, mais plus ou moins directes. On peut dire que l’affaire Dreyfus qui a commencé à la fin du XIXe siècle a eu des prolongements jusqu’au début de la guerre de 39-40. Voilà ce qu’on a entendu parfois.

Et pourtant l’innocence de Dreyfus avait été établie depuis bien longtemps. Innocenté, et même réhabilité dans ses fonctions. Tout le monde savait qu’une machination avait été ourdie contre lui – c’est à dire organisée – pour le désigner comme coupable. Il n’empêche, la secousse qui avait secoué la société française avait été si forte, les failles étaient si profondes qu’il en restait quelque chose. Et on disait que ça avait encore des prolongements.

Et de même, on peut dire qu’un différend entre deux personnes, une dispute, une calomnie peuvent avoir des prolongements judiciaires. C’est-à-dire qu’on change de terrain, que l’affaire pourra continuer à se jouer mais de façon tout à fait différente ! Ça aura des prolongements devant une cour de justice. 

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