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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Facebook tente de sauver la face, mais les ennuis se profilent. Voilà donc, condensées, deux phrases qui ont servi de titre à la presse, puisque Zuckerberg doit être entendu par le Parlement américain. Deux phrases qui jouent avec le mot profil, courant en français, mais qui a un succès grandissant depuis quelques dizaines d’années en français, notamment dans le vocabulaire des réseaux sociaux.

Le sens d’origine en français est encore tout à fait actif : il s’agit de ce qu’on voit d’un visage vu sur le côté, comme s’il regardait vers la droite ou la gauche de celui qui l’observe. Et cela s’oppose à une vue de face, frontale. Le mot s’emploie par extension dans d’autres situations où l’on envisage des contours ; le profil d’une église par église. À partir de cet emploi, quelques expressions usuelles, notamment faire profil bas, c’est-à-dire tenter de se faire oublier, se faire tout petit parce qu’on n’a pas la conscience tranquille, ou qu’on ne se sent pas particulièrement fier de ce que l’on a fait ou de l’attitude qu’on a eue.

Mais ce terme va quitter dans la deuxième partie du 20e siècle le seul terrain de la représentation physique : les tests psychologiques ont le vent en poupe et après avoir envisagé les réactions de quelqu’un à des questions logiques, à des situations de la vie courante, à des confrontations de groupes, on construit un profil psychologique. C’est-à-dire qu’on a un genre de photo mentale de quelqu’un, qui va mêler à la fois ses comportements et sa personnalité. Ce qui permet de comprendre quelques mots récents, dérivés de l’anglo-américain : un parle d’un profileur qui fait du profilage : un mot de la criminologie ou des romans policiers – il s’agit, à partir d’indices et de manières de procéder de dresser le portrait psychologique d’un criminel, pour mieux l’identifier et l’arrêter.

Et le mot est à la mode pour définir à la fois qui est et ce qu’a fait quelqu’un : pour cet emploi, vous avez le bon profil. C’est-à-dire que votre caractère s’y prête, mais qu’au-delà de ça, vous avez fait les études qui conviennent, et que vous avez l’expérience requise : trois ans dans telle entreprise, deux ans à l’étranger, un diplôme de telle école, le sens du dialogue et un goût pour diriger une équipe… le poste est pour vous, vous êtes celui qu’on cherche.

Enfin la vogue des réseaux sociaux fait qu’on se présente sommairement quand on s’inscrit dans l’une de ces structures. Et c’est justement le transfert de ces données, de ces informations censées être confidentielles, d’autant qu’on y ajoute les sites consultés, les achats effectués, les « amis » qu’on s’est choisis, qui a été communiqué par l’entremise de Facebook, trahissant de la même façon un genre de secret professionnel.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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