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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

François Fillon a-t-il encore des ennuis ? Un prêt non déclaré de 50 000 euros, prêt qu’il a sollicité et, dit-il, remboursé à son ami Marc Ladreit de Lacherrière, pourrait ternir son image. En effet, on est tenu de déclarer au fisc un prêt s’il est supérieur à 760 euros.

Et on voit bien que tout le monde parle de prêt, et non pas d’emprunt. Ce qui est un peu étrange, mais c’est l’usage. Les deux mots sont indissociables, et en fait décrivent les deux faces d’une même action : si je te prête cent francs, tu m’empruntes cent euros. Mais il se trouve qu’un mot est bien plus courant que l’autre : on dira spontanément « prête-moi ceci ! », plutôt que « je peux t’emprunter ceci ? »… Prête-moi ta plume, pour écrire un mot. Communément, on dit qu’on a fait un prêt à la banque, qu’on n’a pas fini de rembourser son prêt. Et c’est un trait propre au français : dans d’autres langues, ce peut être bien différent, et peut-être plus logique. En anglais par exemple.

C’est une façon de voir les choses, mais c’est aussi la conséquence de l’usage très large des mots prêt et prêter. On en a de très nombreux usages figurés, ne serait-ce que lorsqu’on aide quelqu’un : on lui donne un coup de main, c’est vrai, mais tout aussi fréquemment, on lui prête main-forte, on lui prête la main, on lui prête son aide ou son concours. Jolie manière de s’exprimer, puisqu’elle sous-entend que si on vient en aide, on peut compter sur une certaine gratitude, sur une certaine réciprocité. Si l’on prête son aide à quelqu’un, c’est qu’on considère que dans une situation comparable, on pourra espérer recevoir son aide de la même façon.

Le verbe prêter, d’ailleurs, a encore d’autres sens, et on le trouve dans des expressions très diverses. Avec toujours cette idée qu’on s’intéresse à autre chose qu’à soi, qu’on sort de soi, qu’on se tourne vers l’extérieur : on prête l’oreille, c’est-à-dire qu’on tend l’oreille. On disait même jadis qu’on prêtait l’œil, alors que cette formule a vieilli : on ne l’entend pratiquement plus. Mais de la même façon, on prête attention (ou au contraire, on ne prête pas attention, on ne remarque pas… le mot s’emploie au moins autant à la négative.)

Et le mot signifie encore qu’une chose est bien disposée à tel ou tel usage. Un roman qui se prête bien à une adaptation cinématographique. C’est qu’il ne résiste pas, qu’il est presque fait pour : il porte avec lui ses images… Attention, ce verbe se trouve aussi dans des locutions où le sujet est mis en difficulté : telle phrase prête à l’équivoque, au jeu de mots… Et un personnage un peu étrange peut prêter au ridicule : il prête à rire, c’est-à-dire qu’on peut rire de lui facilement. 

Le verbe emprunter a lui aussi des sens figurés, mais peut-être moins nombreux : avoir l’air emprunté, c’est manquer de naturel, ne pas être à l’aise, être gauche, empoté. Comme si on avait pris à quelqu’un d’autre sa manière d’être, comme si ce n’était pas vraiment une attitude qui nous appartenait !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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