#Français de l’actualité

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Donald Trump a des problèmes avec la justice américaine, et inversement.
À l’évidence, il y a conflit. Est-ce que le pouvoir exécutif aimerait prendre le pas sur le judiciaire aux États-Unis ? C’est-à-dire le soumettre, le rendre plus docile, plus obéissant. L’entente n’est pas très bonne quoi.
Alors, est-ce que c’est un problème aux Etats-Unis ? Oui, un peu, avouons-le ! Pas autant qu’en France peut-être, car cette idée de séparation des pouvoirs comme garant de la démocratie est très française. En tout cas elle est née en France, et elle a été développée au XVIIIe siècle par Montesquieu, le premier à avoir théorisé cette notion de pouvoirs différents. Trois pouvoirs donc, celui qu’on appelle le pouvoir exécutif, c’est-à-dire le pouvoir politique proprement dit ; le pouvoir législatif, qui consiste à faire les dois ; et le pouvoir judiciaire qui les fait appliquer et sanctionne les manquements.
Et d’après Montesquieu, pour éviter les dérives d’un pouvoir abusif, il faut maintenir cet équilibre. Il faut éviter que l’un des pouvoirs soit sous la coupe de l’autre. Est-ce que ça peut vraiment assurer une bonne marche démocratique ? Ce n’est pas la seule condition bien sûr, mais Montesquieu écrit tout cela sous un régime monarchique, et si c’est un grand penseur politique, ce n’est pas un révolutionnaire. Il ne parle pas tellement de démocratie, mais pour lui l’écueil majeur à éviter est celui de la tyrannie. Et pour éviter la tyrannie, l’autorité d’un seul, son désir, son humeur et son caprice, il faut ménager cet équilibre entre les trois pouvoirs.
On remarquera d’ailleurs qu’à l’époque on parle beaucoup plus de tyrannie que de dictature. Et d’ailleurs le mot dictature au XVIIIe siècle – un siècle latiniste – avait plusieurs sens et d’autres échos : dans la république romaine, la dictature était un mode de gouvernement tout à fait légal, à condition qu’il fût provisoire. Un homme – parce que les femmes ne prenaient pas le pouvoir à l’époque, pas officiellement – pouvait prendre les pleins pouvoirs et devenir dictateur, pour régler une crise, terminer une guerre. Mais il devait se démettre de cette position une fois sa mission terminée.

On le voit donc, le nom « pouvoir » a des sens politiques bien précis. Et il renvoie tout d’abord à l’exercice gouvernemental : le pouvoir exécutif est le pouvoir par excellence, les autres ne le sont que de manière indirecte, ou précisément pour servir de limitations, de contre-feux au pouvoir. Ne dit-on pas d’ailleurs que le quatrième pouvoir, c’est la presse, et maintenant, plus généralement, les médias ?

Alors lorsqu’on dit de quelqu’un qu’il a du pouvoir, on signifie qu’il a de l’influence, qu’il peut décider un certain nombre de choses. En revanche, si l’on dit qu’il a des pouvoirs, le sens est tout différent : on est proche du spiritisme. Et on imagine que quelqu’un a la possibilité de vous hypnotiser, de vous faire faire des choses contre votre volonté, de déplacer les objets à distance, de lire dans vos pensées !
Des possibilités qui dépassent les limites du rationnel.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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