#Français de l’actualité

Portrait

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Une exposition de photos un peu particulière se tient actuellement au 104. Des ferrotypes, de petites photos d’identité réalisées par Almudena Romero au festival Circulation(s). Photos de petites dimensions, réalisées avec une technique ancienne, pour montrer, entre autres choses comment la prise de vue, la manière de prendre une photo n’est pas neutre, même sur des formats minuscules et apparemment qui ne laisse que peu de place à la mise en scène. Sur ces images s’exprime quand même un rapport de pouvoir, surtout si les modèles sont considérés comme « migrants ».

Ainsi les portraits parlent, disent quelque chose de ceux qu’ils représentent et de ceux qui les ont réalisés.

Qu’est-ce qu’un portrait ? Le plus souvent la représentation d’un visage. D’abord en peinture, ou en dessin. Le mot dérive d’un vieux verbe, portraire, où l’on retrouve traire, qui veut dire au départ tirer et dessiner. L’art du dessin a souvent été nommé par cette habileté à tirer des lignes. L’image s’est perdue en français, mais en anglais par exemple, on utilise encore le même mot pour dire tirer et dessiner : draw.

Si le portrait est une représentation du visage, elle insiste sur la ressemblance : le portrait est à l’image de son modèle, il permet qu’on le reconnaisse. De là l’usage par exemple des portraits-robots, ces dessins que l’on fait d’une personne recherchée, dont on ne connaît pas l’identité, mais qui a été vue par des témoins. Et ceux-là s’en souviennent, le décrivent : 40 ans environ, le nez droit, les cheveux blonds, lisses, qui se dégarnissent légèrement sur le front. Des yeux ? Bleus je crois, ou verts alors. Et les oreilles décollées ! Alors on peut faire un portrait, à l’aveugle, de celui qu’on recherche : il devrait ressembler à peu près à ça.

Mais des portraits il y en a bien d’autres, et on peut situer son modèle comme on le souhaite : portrait de l’artiste en jeune homme ; et on peut se dessiner soi-même : auto-portrait. Ou bien on se fait dessiner, ou plus souvent prendre en photo par quelqu’un ‘autre : on se fait tirer le portrait, on se fait portraiturer : deux formules qui semblent familières : c’est vrai pour la première, moins étonnamment pour la seconde : ce verbe portraiturer a une existence ancienne attestée, et dans une langue tout à fait surveillée.

Le portrait c’est donc le visage. Ce qui explique des expressions, et là, elles sont vraiment familières là : se faire tirer le portrait (aller se faire prendre en photo !), ou même se faire abîmer le portrait : se faire démolir, se faire frapper au point qu’il en reste des traces, mâchoire fracassée ou œil au beurre noir !

Et puis le mot s’utilise souvent au figuré : un portrait peut être une description souvent journalistique d’un pays, d’une ville : portrait de l’Amérique sous Trump, ou de l’Élysée sous De Gaulle.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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