#Français de l’actualité

Police

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Les policiers font parler d’eux ! Ils sont « épuisés » par le travail qui leur a été demandé, et l’information transmise par RFI mettait ce participe entre guillemets : « épuisés ». C’est donc bien un mot qui a été prononcé ou écrit par une ou par des associations représentant ces forces de l’ordre. Ils appellent donc à une journée de service minimum.

Policiers, forces de l’ordre, voilà deux expressions qu’on vient d’employer. Et si on comprend bien de qui il s’agit, ce sont malgré tout des formules assez vagues. Forces de l’ordre indique leur vocation : la police assure en effet le maintien de l’ordre, prévient ou évite les désordres sur la voie publique. Ce qui se retrouve d’ailleurs dans la désignation de certains policiers : les gardiens de la paix.

Mais si on a en France une grande unité qui s’appelle Police Nationale, beaucoup de ces fonctions policières sont réparties entre des corps différents : polices municipales, mais aussi armée : les gendarmes, pour l’instant n’appartiennent pas à la police, mais dépendent de l’armée. Et les gardes mobiles, les gendarmes mobiles par exemple appartiennent à la Gendarmerie. On a donc des appellations très différentes selon les appartenances, qui sont bien sûr sujettes à des modes. On ne parle plus aujourd’hui, couramment d’un agent de police, même si l’expression a encore du sens. Mais ça fait képi et bâton blanc… ça fait après-guerre et pèlerine. Car les agents portaient souvent des pèlerines, des sortes de capes qui volaient au vent, lorsqu’ils étaient à vélo, et c’était une manière, familière, un peu péjorative, de les nommer. Aujourd’hui, le mot n’est même plus compris spontanément !

Mais ça nous met bien sur la piste de l’argot, et l’argot est très riche en matière de police. Ce qui est normal : c’est au départ un langage de malandrins, de hors-la-loi qui souhaite ne pas être compris de cette police. Donc la première chose qui compte est de nommer ceux dont on veut se garder.

Le plus courant est certainement flic. Péjoratif ? Vaguement oui, mais pas tant que ça puisqu’il est très répandu. Ce mot qu’on entend tout le temps, on ne sait pas exactement d’où il vient. D’une langue germanique, c’est sûr, allemand probablement, néerlandais peut-être. En argot allemand d’il y a plus de quatre siècles, un flicke, c’est un garçon. La filiation est possible. Mais fliege veut dire mouche, ou mouchard, et ce mot qui désigne un indicateur a peut-être glissé pour désigner celui qui utilise l’indicateur.

En tout cas, flic, comme poulet, a une famille nombreuse : la flicaille, singulier collectif et vaguement hautain. Et aussi le verbe fliquer, très courant, qui signifie simplement espionner, notamment dans un contexte privé ou professionnel, mais pas forcément policier : un mari jaloux flique sa femme ; un patron soupçonneux flique ses employés.

Et l’autre mot fréquent, c’est le poulet. D’où vient-il donc ? Difficile à dire, mais on peut remarquer la ressemblance entre poulet et police : un mot semble être le décalque de l’autre, et souvent les images argotiques procèdent par ces à peu près.

Le poulet qui représente le policier a d’ailleurs été très productif dans un argot souriant, qui se moque de lui-même autant qu’il est productif. On a parlé dans une langue verte, mais déjà ancienne, de poulaga, de poulard, ou même de poulmann. Pourquoi poulmann ? Le suffixe –man a été popularisé par l’anglais, et Pullman est en même temps un nom connu : une compagnie de trains très luxueuse, qui transportait les riches voyageurs. Et on déclinait ça dans tous les sens, en parlant de la maison Poulegrain, ou même de la maison Royco – une marque de bouillon de poule populaire dans l’après-guerre jusque dans les années 60.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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