#Français de l’actualité

Pilule

mots-actu_p.png
RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

50 ans pour la pilule : un bel âge ! Cela fait un demi-siècle en effet que la loi Neuwirth, nommée d’après le député, appartenant pourtant à la majorité gaulliste, qui avait fait voter le texte par l’Assemblée nationale, a rendu légale les contraceptifs oraux, c’est-à-dire ces petits cachets que les femmes prennent quelques semaines par mois, et qui leur permettent d’avoir une activité sexuelle sans concevoir d’enfant. Et ces petits cachets, de manière tout à fait logique s’appellent des pilules. Avant même que leur utilisation soit autorisée par la loi, on s’est mis à parler de pilule, en désignant par là les pilules qui donc permettent de contrôler la natalité. Des produits qu’on appelait d’abord anticonceptionnels. Mais le mot était long, difficile à retenir, à prononcer. On lui a préféré contraceptif, de même sens, de même origine, mais qui est construit comme un mot valise : un mot qui concentre les mots contre et conception. Et les médecins parlent de pilules, comme celles à qui ils en prescrivent : c’est le langage ordinaire qui a intégré la langue technique. Et le mot, dans cet emploi, a eu tant de succès qu’on le reconnaît à son article : on dit la pilule. Si une femme vous dit qu’elle prend des pilules, régulièrement, on ne sait pas trop de quoi elle parle : il peut s’agir de n’importe quel médicament qui a cette forme de petite boule. Si elle prend LA pilule, c’est bien qu’elle prend régulièrement un contraceptif oral, pour empêcher une grossesse non désirée.

Maintenant, ce mot est très fréquent, et associé à plusieurs expressions toutes faites.

Faire passer la pilule est en effet une expression un peu familière, qui signifie faire accepter un désagrément en proposant une contrepartie. Et la formule est en concurrence avec une autre : dorer la pilule, dont le sens est proche mais un peu différent : présenter quelque chose sous une apparence trompeuse et faussement positive ; accentuer les bons côtés d’une situation pour faire oublier les mauvais ou en tout cas pour minimiser les aspects négatifs. Dorer la pilule à quelqu’un, c’est donc de toute façon le tromper en abusant de sa crédulité.

L’image s’explique assez facilement : une pilule est un médicament, et on sait que les médicaments sont parfois mauvais au goût. Souvent, ils sont donc entourés d’une mince pellicule plutôt sucrée qui rend leur ingestion moins désagréable : on avale la pilule « tout rond », sans la mâcher, et ainsi on ne sent pas le goût des composants intérieurs. Le seul goût qu’on peut avoir rapidement sur la langue est celui du sucre qui l’enrobe. Mais pourquoi dorer ? Les apothicaires recouvraient parfois les médecines d’une mince couche d’or. Et bien sûr, le sens figuré associé à cette matière précieuse joue toujours de façon positive : ce qui est couvert d’or ne peut être désagréable.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Logo CANOPE

Coproduction du réseau CANOPÉ.
www.reseau-canope.fr  

RFI SAVOIRS n'est pas responsable des contenus provenant de sites internet externes

Fréquentation certifiée par l'OJDOJD Dénombrement des médias