#Français de l’actualité

Permaculture

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Parmi les mots récemment mis en avant par France Terme, le site du ministère de la Culture qui se préoccupe de langue française, on peut noter la permaculture. Une idée et un terme relativement à la mode : on en parle, on s’en soucie bien plus qu’auparavant. Cette permaculture recouvre globalement la notion d’agriculture respectueuse de l’environnement. Le mot est donc attesté en français, présent dans les dictionnaires usuels, et même adoubé, c’est à dire reconnu officiellement, par ce fameux site France Terme. Pourtant il dérive d’une pratique anglaise, et de ce qu’on appelle un mot valise : la condensation de deux mots, on les tronçonne et on les colle pour en former un troisième. À partir de permanent agriculture, on a donc formé permaculture. Le mot ne choque pas en français et notre langue l’a donc adopté. Ce n’est pas le développement durable, mais on n’en est pas si loin. L’idée de permanence indique que cette agriculture ne modifie pas les équilibres dans lesquels elle s’installe. Cela ne veut pas dire qu’elle fleurit dans un environnement absolument naturel, qui n’a pas déjà été touché ou réorganisé par l’homme : cela n’existe pratiquement pas dans les régions habitées, tous les paysages sont les résultats de l’histoire humaine qui s’y est déroulée. Tous vraiment ? Pas exactement : les hautes montagnes, la haute mer ne porte pas la trace de la civilisation. Mais dans les zones cultivées ou habitées c’est bien différent. Alors on voit que cette première partie du mot qui nous intéresse, perma-, indique cette permanence : il n’y a pas de bouleversement !

Ce qu’on trouve d’ailleurs dans un autre mot, qui n’a rien à voir, mais dont on se sert beaucoup dans cette même réflexion sur l’écologie : le permafrost. Là, on sent plus l’origine anglo-américaine : frost évoque le gel. Et ce qui s’appelle parfois également le pergélisol - mais le mot scientifique et bien français n’est pratiquement jamais utilisé - désigne un sol qui est gelé en permanence. Vraiment en permanence ? Presque : on peut parler de permafrost lorsqu’un sol reste pendant au moins deux ans consécutifs au-dessous de 0 degré. Et ce sol peut être recouvert d’une fine couche de terre moins froide et cultivable.

Ce qui est permanent, c’est donc ce qui dure, qui est stable, continu. Cela s’étend, se déroule sans rupture, sans pause. Ce qu’on appelait jadis le cinéma permanent était un système où une salle projetait à répétition le même film toute la journée : pas de temps mort entre chaque séance.

Mais il y a une différence entre permanent et pérenne. D’abord permanent n’est pas spécialement un mot « chic ». Alors que pérenne est à la mode. Et puis, même si les deux mots sont parfois presque synonymes - une rivière pérenne est celle qui ne s’assèche jamais, son flot est permanent - on emploie ce dernier mot à propos de ce dont l’existence régulière n’est pas remise en question. Un festival qui est réorganisé chaque année est pérenne. Mais il n’est pas permanent parce qu’il ne dure que quinze jours par an. Même si c’est tous les ans !

Avertissement !  
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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