#Français de l’actualité

Père Noël

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Comme chaque année, voici que s’en vient la saison du Père Noël !

Alors bien souvent on a parlé de ce bonhomme qui est tout emmitouflé de rouge et qui vient faire sourire les froids de la fin de l’année. On devine évidemment que c’est un personnage qui est né en Europe occidentale qu’il a fleurie en Amérique du nord, en des lieux en tout cas où la période de Noël est associée au froid et souvent à la neige.
Alors voilà pour le Père Noël en général, mais pourquoi « père » ? À quoi c’est associé ? À un certain âge bien sûr, et une certaine respectabilité souvent.

Pourtant quand on parle du père machin, du père truc, du père François, c’est que justement, on en prend un peu à son aise. C’est une façon de parler un petit peu familière.

Alors le Père Noël, pourquoi lui donner du « père », parce que, même s’il est gaillard et qu’il fait sa tournée avec sa hotte sur le dos, il a les attributs de l’âge, de la vieillesse. Il a la barbe, et en plus il a la barbe blanche. Alors il faut se souvenir que le Père Noël est une créature pour les enfants. Donc il a un air âgé, vénérable, mais la différence est si grande entre lui et ceux qu’il gâte qu’il n’appartient pas vraiment à une classe déterminée. C’est un ancien, un très vieux. C’est-à-dire qu’il est plus vieux que les parents. Et bien qu’on l’appelle le Père Noël, il est quand même dans la catégorie des grands-pères.

Et c’est souvent le cas pour ceux qu’on appelle « père quelque chose ». En face du Père Noël, par exemple, de façon symétrique, mais effrayante, sévère, on a le père Fouettard. Celui que les parents appellent, mais heureusement il ne vient jamais. On l’appelle pour faire peur, pour châtier les enfants turbulents : « il viendra te fouetter, avec son fouet, et comme le croque-mitaine il représente une sanction terrifiante qui arrive de l’au-delà pour prêter main-forte à l’autorité des parents. Son nom est tout à fait transparent. Quand on parle de croque-mitaine, c’est plus obscur. Mais quand même, “croque”, la première partie renvoie à une image de l’ogre, de celui qui croque les enfants. Pourquoi “mitaine” ? Ça franchement, on n’en sait rien.

Mais tous les pères ne sont pas aussi inquiétants. Au contraire, cet appellatif débonnaire, en général présente des personnages un peu ronds, auxquels l’âge confère une patine. Alors ce peut être une façon d’exprimer un respect qui veut sortir des convenances. On peut parler du père Hugo, par exemple. Personnage historique qui domine de sa haute stature la littérature française. Ça arrive souvent. Mais on se souviendra aussi que Victor Hugo, il est mort âgé. Il avait plus de 80 ans. Et durant sa longue vie, il a éclairé la vie littéraire. On ne parle jamais par exemple du père Rimbaud, vu qu’Arthur Rimbaud a écrit toutes ses poésies entre 16 et 19 ans.

Alors le mot « père », il évoque aussi un environnement rural. Le père François, par exemple, matois, rusé, imaginaire, bien sûr, qui est plutôt représenté sous la forme d’un campagnard. Pas toujours bienveillant d’ailleurs. C’est le type du vieux grigou un peu escroc, qui a pour lui l’expérience.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Le Mot de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

Coproduction du Centre national de Documentation Pédagogique.
http://www.cndp.fr/

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