#Français de l’actualité

Parapher

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

La date prévue pour le Brexit s’approche, puisque c’est le 31 janvier que le Royaume-Uni doit quitter l’Europe économique et politique. On sait maintenant que c’est sûr, et donc on s’active pour que toutes les formalités soient réglées quand le jour officiel arrivera. Les documents circulent et ceux qui sont mandatés pour le faire les signent, les paraphent. Et on entend souvent ces deux verbes : on dit ainsi que le texte signé par le président du conseil de l’Europe et la présidente de la Commission européenne seront ensuite paraphés par Boris Johnson, chef du gouvernement britannique. Apposer son paraphe ! Voilà une formule un peu officielle, un peu administrative pour dire qu’on signe, et donc qu’on accepte, qu’on est d’accord, qu’on donne son aval à un texte. Mais l’expression peut être pratique, notamment pour des journalistes ou des historiens qui veulent éviter les répétitions et avoir à leur disposition plusieurs manières de dire la même chose. Mais de façon très technique, un paraphe n’est pas exactement une signature.

Le paraphe est la façon d’écrire son nom en le personnalisant, pour bien montrer qu’on l’a écrit soi-même. On rajoute un soulignement, on le calligraphie de façon spéciale. Il est donc difficile à reproduire ou à imiter et c’est une sécurité. Mais c’est aussi une façon d’exprimer sa personnalité, son écriture : comme une affirmation de soi.

Mais parfois les deux mots, paraphe et signature, recouvrent des réalités différentes. Par exemple si l’on doit signer un document officiel, et qui s’étend sur plusieurs pages, on ne le signera qu’une fois, sur la dernière page, pour symboliser qu’on a tout écrit, ou tout au moins tout lu, et qu’on est d’accord. Et pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté ou de soupçon, on paraphera chaque page avant la dernière : c’est-à-dire que, sans signer, on écrira simplement ses initiales : un gage qu’on a bien pris connaissance de chacune de ces pages. Et l’on parle même de parapheur, pour désigner le classeur dans lequel un secrétariat ordonne tous ces documents, qui seront ensuite présentés à celui qui doit les signer.

Alors pourquoi la signature est-elle si importante aujourd’hui ? Signer, c’est le cœur de la culture occidentale moderne, qui repose sur l’écrit. Un peu l’opposé de la culture du Moyen-Âge, où on écrivait peu : ce qui comptait, c’était la parole donnée, le serment. Aujourd’hui, ce qui fait foi comme on dit, ce qui engage, c’est la signature, qui a une valeur légale : on signe un chèque, un traité, un acte de vente ou un contrat. Ce qui explique certains sens figurés : si l’on veut acheter une maison, on dira « demain je signe ! » c’est-à-dire, c’est demain que se font les formalités officielles, demain j’en serai vraiment le propriétaire. Et, toujours au figuré, on parle de signer son arrêt de mort quand on fait un acte qui définitivement vous expose à être condamné ou banni, ou exclu. Enfin, vous avez fait ce qu’il ne fallait absolument pas faire, et il est trop tard pour revenir en arrière.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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