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Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le pouvoir français a-t-il fait preuve de myopie politique à propos de la situation syrienne. C’est ce que se demande dans la presse un certain nombre de commentateurs, à la suite des changements d’attitude récents.

En effet la France se décide à bombarder les positions de l’Etat Islamique alors qu’elle s’y est refusée jusque là, pensant que cela ferait le jeu d’Assad.

Pourquoi parler de myopie politique ?

La critique est sévère mais l’image est relativement fréquente : un cliché, une formule toute faite de la langue politique, et qui se dévoile sous les apparences d’une métaphore médicale et même ophtalmologique. L’ophtalmologie – de ophtalmos en grec qui veut dire l’œil – est en effet cette branche de la médecine qui s’occupe des yeux : leurs maladies mais aussi les simples déficiences visuelles, les déformations des parties de l’œil qui altèrent, déforment, ou modifient la vision.

Myope est un mot bien courant, mais il s’écrit, avec son y comme un mot savant. C’est qu’il vient du grec, où il signifie simplement « qui cligne des yeux ». Ce qui est une mimique habituelle des myopes, qui plissent en effet les paupières, se rapprochent de ce qu’ils veulent voir, et le voient très bien. En effet les myopes sont atteints de cette gêne qui les empêche de bien voir ce qui est au loin. Ils voient très bien de très près.

Au figuré, on peut traiter quelqu’un de myope pour dire qu’il n’anticipe pas, qu’il n’est pas conscient de ce qui va venir, qu’il ne voit pas plus loin que le bout de son nez comme on dit familièrement. Et l’image se trouve presque uniquement dans le domaine politique. Les autres anomalies de la vision, moins fréquentes peut-être, identifiées depuis moins longtemps, ont gardé un usage plus technique : pas de sens figurés pour les astigmates, les hypermétropes, les presbytes.

Et les borgnes alors ? C’et ainsi qu’on appelle ceux qui ont perdu un œil, qui ne voient plus que d’un œil. Et cette infirmité a souvent été associée à une impression un peu inquiétante, parfois patibulaire. Une rue borgne est considérée comme mal famée, peut-être dangereuse ; un hôtel borgne est mal fréquenté. Et si l’on dit qu’au royaume des aveugles, les borgnes sont rois, ce n’est pas très aimables non plus : on sous-entend que parmi des incompétents notoires,  celui qui s’y connait, même un peu, passe pour un savant. 

« Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois ! »

Alors on va finir avec l’aveugle et le paralytique, une association bien pensée : deux défauts se compensent, et chacun peut aider l’autre. L’aveugle pousse le fauteuil roulant, sans savoir où il va, et le paralytique le guide. Mais souvent on emploie cette formule pour souligner que deux incapacités s’additionnent au lieu de se neutraliser.

Avertissement !
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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