#Français de l’actualité

Mobilisation

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Journée de protestation forte en France, journée de grève, journée paradoxale. Pourquoi ? Parce qu’elle est marquée par une certaine immobilité. Grève suivie des chemins de fer et des transports publics dans les villes, métro, bus trams… On a donc beaucoup de mal à se déplacer. En même temps qu’on parle d’une forte mobilisation. Le résultat de la mobilisation est donc d’immobiliser le pays.

Et ce mot de mobilisation est fréquent dans le vocabulaire politique, et pas seulement d’ailleurs. Mais il renvoie à l’idée d’une réaction forte, d’une prise de position et d’une action qui répond à une situation particulière : on se mobilise pour ou contre quelque chose, pour le soutenir ou pour l’empêcher ; mais en tout cas on se bouge, on se concentre sur l’attitude à adopter. Et cette mobilisation concerne bien souvent une collectivité : la profession s’est mobilisée pour défendre les avantages acquis. C’est-à-dire que beaucoup de gens ont répondu présents. Ils se sont sentis concernés et ont décidé de réagir sans tarder ; ils n’ont pas été indifférents. Et on dit qu’un syndicat par exemple a pu mobiliser une bonne partie de ses troupes : on a appelé à une manifestation et beaucoup sont venus. Mais le mot peut aussi s’appliquer à une seule personne. Il s’est mobilisé. Comme s’il avait fait appel à toutes les parties de son corps ou de son esprit. De manière unifiée il a réagi. Comme si toutes ses facultés étaient sur le pied de guerre pour la même cause. Et ce mot implique à la fois le nombre, la quantité, et la qualité, l’intensité de la réponse donnée. Avec cette idée qu’on abandonne ce qu’on était en train de faire, ou même notre vie quotidienne, pour se tourner vers cette nouvelle direction. Quand on est mobilisé, on n’est donc pas pris par surprise, on est conscient de ce qui est en train de se jouer. Et le mot correspond souvent à une certaine agressivité : si l’on est mobilisé, on est prêt à mordre.

Il convient également peut faire le lien avec le sens militaire du mot : un état, un gouvernement mobilise quand il appelle sous les drapeaux tous ceux qui sont susceptibles de porter les armes, de se retrouver dans l’armée. On parle même de mobilisation générale quand cet ordre concerne l’ensemble de la population. Et ces mobilisations générales sont en général un prélude à la guerre : en 1914 et en 1939 par exemple si l’on pense à l’histoire de France. Et Raymond Poincaré avait beau déclarer « La mobilisation n’est pas la guerre ! » on sentait que c’était presque la guerre, en tout cas que c’était l’indice de sa venue très prochaine. Inversement, la guerre finie, ou parfois la guerre perdue, on est démobilisé, c’est-à-dire rendu à la vie civile.

Et de façon plus figurée, en se souvenant de l’autre sens du mot, on peut dire de quelqu’un qu’il est démobilisé par rapport à une question, un problème, une urgence, quand il s’en désintéresse, ne se sent pas vraiment impliqué et intéressé. La démobilisation correspond donc à une certaine inaction. 

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

 

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