#Français de l’actualité

Libre-échange

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

Le traité de libre-échange entre l’Union Européenne et le Canada va-t-il voir le jour ? Il est assez compromis à la suite du véto, du non, opposé par la région Wallonie à sa signature. Donc le CETA puisque c’est le nom officiel – c’est le sigle qui désigne ce traité –, eh bien, il a du plomb dans l’aile.

Alors, quand on parle de libre-échange, de quoi est-ce qu’on parle ? On ne va pas décortiquer le traité mais on peut jeter un regard sur l’histoire de cette expression, qui apparait en français vers 1840. C’est l’époque où le commerce s’internationalise, où l’on commence à théoriser l’économie. Et libre-échange est la traduction d’une expression anglaise free trade, apparue quelques années plus tôt. Et, en fait, les modèles se construisent à cette époque : le libre-échange va s’opposer par exemple à ce qu’on appelle le protectionnisme. Et on voit que cette expression, libre-échange, elle est trouvée de façon astucieuse, par ceux qui sont favorables à cette méthode bien sûr.
Très sommairement son principe, c’est la réduction ou même la suppression des barrières douanières, et des taxes aux importations. Donc on favorise donc le commerce entre États, on laisse entrer, on laisse sortir les marchandises, l’État intervient très peu. Alors que ce qu’on appelle une politique protectionniste élève des obstacles financiers à ce genre de transaction.
Alors spontanément, on peut penser que le libre-échangisme, puisque le mot existe aussi, favorise la liberté, puisqu’on a le mot libre. Alors que le protectionnisme évoque une réticence à échanger avec l’étranger. Libre échange, ça évoque l’ouverture, protectionnisme ça évoque le repli sur soi. Ce sont des associations d’idée un peu simplistes bien sûr, mais elles jouent sur notre imaginaire linguistique. Et c’est ce qui se passe, par exemple pour d’autres mots comme libéralisme, qui souvent a bénéficié de son origine, car il dérive aussi de libre. L’adjectif libéral, il est encore très positif, avec des sens très différents : « être libéral » d’abord, c’est dépenser facilement, c’est le contraire d’être avare, on ne s’accroche pas à son argent quand on est libéral. On le libère, on le dépense. Mais on est également libéral d’une toute autre manière : quand on est tolérant, qu’on accepte et notamment, qu’on accepte ce qui ne vous ressemble pas, on accepte la différence. Et puis le mot libéralisme, là, il est bien souvent nettement plus mal perçu, et avec lui on revient vers le vocabulaire de l’économie qu’on abordait avec le libre-échange. Le libéralisme, de façon très rapide, ça consiste à laisser la libre entreprise et la libre concurrence s’emparer du marché, sans que l’État vienne imposer une régulation ou une modération. Ce qui fait que ce terme est souvent lié à l’idée de la loi du plus fort ou même peut-être la loi du plus riche. C’est ce qu’on peut résumer parfois par la formule : « laissez faire, laissez passer. »

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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