#Français de l’actualité

J'y Suis, j'y reste !

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

J’y suis, j’y reste ! La formule est moqueuse évidemment. On l’entend aujourd’hui, on la lit dans les médias : elle commente et désigne l’attitude de François Fillon et sa décision de rester candidat à l’élection présidentielle française, malgré les « affaires » qui ont éclaté autour de lui et de son passé : en un mot, ce qu’on a appelé le Pénélopegate, l’embauche de sa femme comme assistante parlementaire et la réalité du travail de celle-ci, son passage et sa rémunération à la Revue des Deux Mondes, le travail de certains des enfants auprès de leur père, etc.  François Fillon, vainqueur de la primaire de la droite et du centre était déjà candidat lorsque ces révélations font du bruit. Il déclare maintenant que cela n’affectera pas sa décision de se présenter, de s’en remettre au suffrage universel. A-t-il dit « j’y suis, j’y reste ! » ? Non bien sûr : pas lui ! Mais la presse s’était déjà servie de cette formule en février et l’a ressortie à cette occasion ! Alors comment comprendre cette première personne, ce « je » qui parle. Il évoque parfois une autodérision, un sourire, une manière de faire passer une détermination un peu inattendue de se maintenir là où l’on est. Et on en rajoute un peu sur cette persévérance. Comme si on tapait du poing sur la table… mais pour rire. Pourtant le plus souvent, on emploie la phrase, toujours à la première personne, sans rien y changer, mais pour parler de quelqu’un d’autre. Donc on le mime, on parle à sa place, pour tenter d’expliquer, de mettre en évidence son obstination.

Mais comment expliquer le succès de cette phrase ? C’est qu’elle est historique, ou faussement historique : c’est ce qu’on appelle une phrase apocryphe, inventée après coup et attribuée à quelqu’un.

Nous sommes le 7 septembre 1855, pendant la guerre de Crimée, au siège de Sébastopol. Le général Mac-Mahon enlève la forteresse de Malakoff, l’un des points décisifs qui tiennent la ville. Il y plante son drapeau, lorsqu’un officier anglais vient le prévenir que tout le fortin est miné et qu’il peut sauter d’une minute à l’autre. Mac-Mahon (qui fait quand même fouiller le sol et couper les dispositifs de mise à feu qui y sont découverts), refuse de partir, et s’écrie : « J’y suis, j’y reste ! ». La phrase a fait fortune et l’honnête général a lui-même déclaré, par la suite, qu’il ne l’avait jamais prononcée, même si elle traduisait bien sa pensée !

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensables un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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