#Français de l’actualité

Joyeux

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RFI
Les mots de l'actualité : une chronique pétillante qui éclaire en deux minutes un mot ou une expression entendue dans l'actualité.

« Joyeux Noël ! » C’est bien l’exclamation traditionnelle qu’on entend, en ce 25 décembre, la formule toute faite qui vient à la bouche ! Joyeux Noël. Alors qu’une semaine plus tard, on se souhaite plutôt la bonne année. Bonne année, ou fréquemment aussi heureuse année ! Heureux et joyeux, ce n’est donc pas la même chose ?

Les échos de ces deux mots semblent en effet différents. Ne serait-ce que par le temps, la durée qu’ils impliquent. L’adjectif heureux correspond au nom bonheur. Joyeux correspond à joie. Et on sent bien que l’idée du bonheur s’inscrit spontanément dans une durée plus longue que la joie : on pense souvent que le bonheur, aussi difficile soit-il à définir, à comprendre, à expliquer, se vit dans la durée, dans un temps relativement long. Alors qu’on associe plus la joie à un éclat, à un instant ou une explosion. On parle d’ailleurs souvent d’explosion de joie. Et tout ça semble assez logiquement s’appliquer aux deux expressions qui nous intéressent. Heureuse année, car elle dure 365 jours - même 366 pour la prochaine qui est bissextile. Joyeux Noël pour la seule journée du 25 décembre.

Cela s’explique aussi par le souvenir religieux lié à la fête chrétienne : Noël fête pour les chrétiens la naissance du Christ. Plus qu’un événement : un avènement ! Et cette célébration se situe à la croisée de ces deux mots. Deux mots dont les sens stricts ne sont pas si différents : il s’agit bien de ce qui arrive, de ce qui se produit. Mais ce mot d’avènement, qu’on trouve dans les textes religieux dès le 12e siècle, désigne d’abord la naissance de Jésus. C’est-à-dire une naissance attendue, annoncée par l’Ancien Testament, qu’il vient confirmer.

L’événement c’est donc plus ou moins ce qui se produit, et l’avènement, ce qui doit se produire. Étonnamment, ce mot a pris une direction totalement opposée à un troisième terme qui est aussi de la même famille : aventure, qui provient aussi du verbe latin advenire. Et l’aventure, très vite, même si ce n’était pas son premier sens, insiste sur ce qui se produit par hasard, par accident, de manière imprévisible. Alors que l’avènement, répétons-le, arrive parce que c’est conforme à la prophétie, à l’Annonciation. Et c’est bien pour ça que la coutume chrétienne veut qu’on se réjouisse ! Cette bonne nouvelle (et c’est le sens du mot évangile - la bonne nouvelle), c’est celle qui vient remplir cette attente. C’est bien pour ça qu’on est joyeux. Ce qui se retrouve dans les chansons populaires catholiques : « Il est né le divin enfant ; Sonnez hautbois, résonnez musettes ! » Cette expression joyeux Noël, extrêmement courante et qui s’est laïcisée, elle est au départ profondément religieuse.

Avertissement ! 
Ce texte est le document préparatoire à la chronique Les Mots de l’Actualité. Les contraintes de l’antenne et la durée précise de la chronique rendent indispensable un aménagement qui explique les différences entre les versions écrite et orale.

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